
Fin d’une époque à l’UDSEA-Confédération Paysanne du Finistère. Si les problèmes financiers propres aux syndicats minoritaires n’épargnent pas ce syndicat d’opposition en proie à des difficultés pour équilibrer ses comptes, le renouvellement des équipes pèsera tout autant sur le devenir du syndicat.
De l’UDSEA à la Confédération Paysanne
L’esprit d’origine risque de progressivement marquer le pas au sein de ce syndicat créé en 1984 pour contrer le tournant « libéral » de la FDSEA. Preuve de la proximité des syndicalistes des deux camps de l’époque, seul le « U », pour union, marquait la différence entre les deux acronymes UDSEA et FDSEA. Faut-il rappeler que les responsables avaient grandi sur le même terreau syndical. Une nuance très finistérienne donc qui faisait dire que la politique menée à la Chambre d’agriculture par René Quéméré et son équipe était très proche de celle menée en Côtes d’Armor par la FDSEA.
Progressivement, avec le départ des instigateurs du syndicat d’opposition, l’UDSEA s’est accolée de plus en plus souvent d’un « Confédération Paysanne ». Aujourd’hui, la question qui taraude les fondateurs est : le syndicat va-t-il se trouver orphelin de son « UDSEA » historique ? Préparant son départ, le président, Vincent Pennober, a bien pris garde de poser les jalons qui doivent guider le syndicat dans les années à venir. « Il nous faut, à l’avenir, nous atteler à rendre plus clair l’horizon agricole du département ». Et de réitérer les lignes directrices qui guident le syndicat depuis sa création : exploitations à taille humaine qui participent au maintien de l’emploi paysan sur le territoire ; maîtrise de la production pour des prix rémunérateurs à la production.
« Les jeunes arrivent »
En écho de ces propos, les jeunes scandent « tenez bon, nous arrivons ». Un enthousiasme partagé par les « anciens » satisfaits de voir la relève prendre le relais. Avec cette inquiétude qui pointe dans les rangs de ceux qui « ont fait » l’UDSEA pendant près de 30 ans : « quelle orientation syndicale demain ? ». L’échange sur l’avenir du syndicat, organisé à l’issue de l’assemblée générale, jeudi dernier à Saint-Rivoal, avait pour objectif d’avancer sur ce terrain du futur. Ce rendez-vous interne fut l’occasion pour l’équipe dans les starting-blocks de rappeler leurs propositions teintées d’une nouvelle vision du métier de paysan : « Le métier n’est plus envisagé seulement pour se nourrir, mais un vrai choix de vie » a, par exemple, insisté François Kerviel en appelant à un « soutien plus large à tout type d’agriculture ». Didier Le Du
Photo : L’assemblée s’est tenue à Saint-Rivoal.
Sur le front syndical
- Environnement
Préambule de l’UDSEA : «Nous avons toujours été calés sur un projet respectueux de l’environnement », pose J. Kerglonou. Pour autant, ce principe de base n’exclut pas quelques frictions sur le dossier des algues vertes. L’application de la norme arbitraire de 170 unités déplait également à Yvon Pouliquen qui préférerait que l’on aborde ce dossier au travers « d’une fertilisation équilibrée tenant compte des exportations réelles ».
- Porc
« Une régulation européenne de la production afin de retrouver un prix rémunérateur ». À court terme, le syndicat propose de réduire le poids de carcasse ; à moyen terme, « il faut une organisation commune de marché sur le territoire pertinent : l’Europe », résume Joël Kerglonou, secrétaire général.
- Lait
Le syndicat défend l’idée de France Milk Board (FMB) et d’un contrat tripartite entre FMB, la laiterie et l’éleveur. « L’idée est de retrouver une gestion proche des quotas sachant que ces derniers sont en place jusqu’en 2015 », explique Yvon Cras. En parallèle, la Confédération Paysanne espère que le Gouvernement retardera la publication du décret concernant la contractualisation.