
« La consommation de gaz était trop élevée (19 t/an pour 2 150 m2). Dans ce poulailler de 1979, l'isolation et l'étanchéité du lanterneau et des trappes étaient d'origine », explique Didier Le Goux, associé du Gaec de Kerguinérien. Le Gaec exploite 2 150 m2 en 3 bâtiments dont un de 1 650 m2 et 2 de 250 m2 utilisés pour le desserrage des mâles. « Dans le grand bâtiment, l'ambiance était difficile à maîtriser, notamment le réglage des trappes, en fonction des besoins de chaleur ».
Passage en ventilation dynamique
Le diagnostic énergie réalisé par la Chambre d'Agriculture et la possibilité de bénéficier de subventions ont créé un déclic. Il fallait changer l'isolation et l'étanchéité, mettre en place des échangeurs de chaleur pour espérer une économie globale de 50 % de gaz. Le PPE permettait une subvention de 40 % du montant des travaux, dans la limite de 16 000 €. par associé (48 000 € pour le Gaec). « Nous avons choisi de passer en ventilation dynamique, avec fermeture du lanterneau, installation de 68 trappes Kan'air pour l'entrée d'air sur 1 côté et de 7 ventilateurs et 6 turbines pour l'extraction sur l'autre côté », précise Didier. « La réfection de la toiture a été le plus gros chantier ». Elle a été déposée et remplacée par une structure bac-acier (50 mm de mousse de polyuréthane intégrée) et 100 mm de laine de verre. Les parois latérales ont été habillées de panneaux Serwall qui descendent jusqu'au sol en recouvrant le soubassement, pour limiter la condensation.
Investissement de 88 euros/m2
L'installation de chauffage était composée de radiants. 18 ont été conservés et montés sur une ligne centrale, puis complétés par 2 aérothermes Eos 90. Ces deux types de chauffage ainsi que l'ouverture des trappes sont commandés par une régulation Avitouch. « L'association radiants et canons permet un démarrage en ambiance, en réduisant nettement la consommation de gaz », précise Didier. L'automate de régulation est accessible par téléphone portable, ce qui permet d'intervenir à distance. Trois échangeurs de chaleur Systel ERC ont été montés pour bénéficier des calories de l'air sortant.
Le montant des travaux atteint 145 000 € pour le bâtiment de 1 650 m2 dont 97 500 € pour l'isolation, 49 000 €. pour la ventilation, les échangeurs, l'électricité et 3 500 € pour un groupe d'occasion. Ce montant brut représente 88 €/m2, soit environ 40 à 45 % du prix d'un bâtiment neuf. Il faut en déduire les subventions : PPE 48 000 €. en cours et Triskalia 10 750 €. L'investissement net est de 52 €/m2 (25 à 28 % du prix du neuf). Dans ces montants, il faudrait ajouter le travail des associés sur le bâtiment, (sur 3 mois).
50 à 60 % de baisse
Un seul lot de dindes a été élevé depuis la fin des travaux. « La marge PA est très proche de celle des 3 lots précédents (20,25 €/m2), elle est liée à la mise en route et aux difficultés de réglage pour une première bande », souligne Anne-Marie Crenn, technicienne Triskalia. Du côté des charges, l'économie de gaz est substantielle (baisse de 50 à 60 % sur la 1re bande). « Les dindes ont apprécié le nouveau confort du poulailler, une température et une hygrométrie régulières, une litière plus sèche... J'apprécie moi-même l'amélioration des conditions de travail, même s'il faut consacrer un peu de temps au lavage des échangeurs, (2 à 3 fois par semaine en cours de lot) et un démontage complet durant le vide sanitaire ». La démarche engagée par les associés du Gaec a permis d'apporter une solution globale au problème de la consommation de gaz. Le diagnostic énergie a ciblé les priorités en conseillant d'abord le changement de l'isolation et de la ventilation. Se contenter uniquement de la pose d'échangeurs n'aurait solutionné que partiellement le problème. Patrick Bégos
Photo : La toiture en fibrociment a été remplacée par une structure bac-acier avec une isolation intégrée en polyuréthane et de la laine de verre.
Viser 25 €/m2/lot
La section volailles de Triskalia comporte 550 000 m2 pour 380 éleveurs avec des parts de marché bretonnes variant entre 13 % en poulet, 20 % en dinde et 69 % en canard. Les principaux débouchés du groupement sont LDC, Ronsard et Gastronome. L'objectif des responsables est de faciliter la reprise des ateliers et leur rénovation, d'augmenter les parts de marché en dinde et canard. « En travaillant sur les souches de dinde, sur l'amélioration de la nutrition, sur le desserrage, on doit atteindre une marge PA de 25 €/m2/lot. Ce qui permettra de faire face à l'annuité d’un bâtiment neuf et de dégager un revenu », explique Jean-François Moussard, président de la section volailles de Triskalia. Ce niveau de marge est déjà atteint en canard, grâce aux améliorations réalisées. Un plan sera mis en place d'ici la fin de l'année pour accompagner les éleveurs techniquement et financièrement.