
« Il faut que la goutte d'eau qui tombe en amont du bassin versant mette un maximum de temps à arriver à la mer », explique Arnaud Cholet, technicien au Conseil général du Morbihan. Débarrassée des éventuels polluants qu'elle véhicule. « Jusqu'à présent, on l'a plutôt aidée à couler rapidement vers les estuaires en curant les lits de rivière, en drainant ou en créant des canalisations rectilignes en dehors des lits naturels ». Les rivières ont également fait l'objet d'aménagements pour répondre à divers usages : loisirs, agriculture, activités industrielles, production d'eau ou d'énergie et ont subi divers types de dégradation, avec des conséquences sur la faune et la flore, la qualité de l'eau et les phénomènes d'inondations et de crues. Sur la Ria d'Etel, la majorité des 525 kilomètres de cours d'eau sont déclassés vis à vis du paramètre « hydromorphologie » (dynamique et état physique du cours d'eau). « Une première étude d'approche, sur 12 exploitations agricoles, a déjà montré 35 points entravant le cours normal des ruisseaux ».
Site pilote à Languidic
Afin de connaître plus précisément l'état des rivières, de déterminer et de hiérarchiser les travaux à engager, le Syndicat mixte de la Ria d'Etel, en coopération avec la fédération de pêche, lance une étude diagnostic sur l'année 2011. Un contrat territorial des milieux aquatiques (CTMA) sera ensuite établi, sur 5 ans. Les travaux devraient débuter en 2013. Ce CTMA n'est pas le premier sur le département. Les agriculteurs sont, bien entendus, sollicités pour effectuer certains des travaux, sur la base du volontariat et avec un financement extérieur. « Nous les rencontrons et les sensibilisons à la démarche », précise Yves Merle, technicien du Syndicat de la Vallée du Blavet, qui a dirigé, dans le cadre d'un CTMA, des opérations d'aménagement sur le ruisseau de Talhouet-Lamotte (site pilote), à Languidic. 3,5 kilomètres de ruisseau y ont été aménagés, avec le concours des propriétaires. « A certains endroits, nous avons déversé des tonnes de cailloux pour rehausser le niveau de la lame d'eau. Le lit de la rivière était beaucoup trop profond et drainait toute la prairie. L'objectif est de maintenir l'eau dans les zones humides et de rétablir leur rôle d'épuration ». D'autres aménagements y ont été réalisés ; pose de passerelles en bois pour remplacer les buses existantes, mise en place d'abreuvoirs pour le bétail qui, auparavant, se désaltérait dans la rivière, lutte contre les espèces envahissantes, plantations d'arbres pour ombrager le lit et baisser la température de l'eau en été... Pour cette opération, le coût des travaux est de 21 800 euros, financés par l'agence de l'eau, le Conseil général et le syndicat de la vallée du Blavet.
Photo : Elus, acteurs associatifs, agriculteurs, conchyliculteurs et leurs partenaires étaient conviés, lundi dernier, sur le site de Talhouet- Lamotte, à Languidic, pour observer les travaux réalisés sur le cours d'eau.