Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Divers | Article n°12240 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
De l'intensif, en bonne intelligence
 

Nourrir le monde avec moins d'intrants et en préservant l'environnement : une équation difficile à résoudre ? C'est peut-être l'occasion de trouver une troisième voie entre les systèmes intensifs et l'extensification. L'agriculture écologiquement intensive (AEI) offre une réponse à cet enjeu. « Ce n'est pas un nouveau label, ni un nouveau cahier des charges mais un guide, une démarche pour aller dans une direction », résume l'agronome Marcel Griffon.


Aller plus loin


Le processus « d'écologisation » est déjà engagé par beaucoup d'agriculteurs dans leurs pratiques, comme l'ont montré les témoignages de la Plateforme des Chambres d'agriculture au Space. Le plus souvent, c'est à l'échelle de la parcelle, dans les choix variétaux, la valorisation des déjections animales, le binage...). Il faut souvent combiner plusieurs leviers pour limiter le recours aux intrants. « Ces changements sont importants, car ils ont entraîné une baisse de l'utilisation des produits phytos et des engrais », précise Jean-Luc Fossé (Chambre d'Agriculture). « Ils sont insuffisants au regard des enjeux. Il faut aller plus loin dans la réduction des intrants en agissant à l'échelle de l'exploitation, notamment des successions de cultures, sans oublier l'interculture. » A l'échelle du territoire, l'idée n'est plus seulement d'optimiser son système d'exploitation mais de le faire en cohérence avec les autres acteurs du territoire en agissant dans l'intérêt collectif. « Les échanges de parcelles ont, par exemple des effets bénéfiques sur la conduite des cultures », souligne Hubert Garaud, président de Terrena. « Le rapprochement des terres éloignées permet d'allonger les rotations, d'optimiser les chantiers et les déplacements, de limiter les temps de travaux et les consommations. »


Paysan acteur


Les agriculteurs doivent s'approprier la démarche. « Il ne doit pas y avoir d'un côté les chercheurs et les techniciens et de l'autre les paysans spectateurs. Au contraire, les agriculteurs doivent devenir acteurs et pilotes de la démarche sur leur exploitation », affirme Jean-Luc Fossé. Pour l'agronome Michel Griffon « A chacun son AEI, car chaque exploitation est différente et peut utiliser les techniques, selon sa situation. » Les pratiques ne s'opposent pas entre elles. Ce n'est pas le labour contre le non-labour, car dans certains cas, le labour est indispensable. « L'AEI n'est pas un livre de recettes, mais l'association de bonnes techniques qui aboutissent à faire de l'intensif en bonne intelligence. » « On avance plus vite en groupe pour trouver des solutions individuelles », ajoute Jean-Luc Fossé. L'échange entre agriculteurs est en effet le moyen efficace d'ouvrir le champ des possibles. « La réflexion collective permet de bénéficier de l'expérience des autres, de se rassurer quand on évolue vers des techniques nouvelles et donc de sécuriser sa démarche. »


Pour tout le monde


« Le concept d'AEI est fait pour tout le monde », estime Hubert Garaud. En élevage, l'association des deux mots écologie et intensif a surpris. « C'est une révolution dans les têtes et dans les comportements. » Il faut recréer d'autres approches auprès des agriculteurs. « Nous voulons une évolution co-partagée entre les agriculteurs, la société et les collectivités. » Michel Morin, vice président du Conseil régional de Bretagne, a la même approche en parlant d'une nouvelle alliance autour d'une « agriculture écologique, performante, génératrice d'emplois et bien répartie sur le territoire. » Il estime qu'elle devra être co-construite, car si les organisations de production restent à l'écart, elle ne se développera pas. Patrick Bégos


 


Photo : De gauche à droite, l'agronome Michel Griffon et Jean-Luc Fossé (Chambre d'Agriculture).






De nouvelles pistes à explorer
Outre les progrès encore possibles sur les techniques déjà connues, des pistes sont encore à explorer comme l'homéopathie, les stimulateurs de défense des plantes. Les associations de cultures (avec des légumineuses pour la fixation d'azote), la couverture permanente des sols sont des solutions à développer. Au niveau du matériel, l'agriculture de précision (guidage, GPS, robotique) apportera des leviers pour agir plus finement sur la répartition des intrants. De nouvelles filières pourraient également se développer sur l'énergie (biomasse, production de digestat...).



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Septembre 2011
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)