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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°12237 |
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La lente érosion de la filière porcine française
 

Alors que la filière porcine française connaît une lente érosion, avec des investissements en berne, les pays concurrents du Nord de l'Europe continuent à progresser, affichant une meilleure compétitivité et la volonté de renforcer leur place sur le marché français. Dans une étude réalisée par l'Ifip et le cabinet AND pour FranceAgriMer, les différences de compétitivité ont été analysées, notamment au travers d'entretiens avec des professionnels du secteur.


Ambiance peu favorable à l’élevage


« Les écarts de compétitivité sont faibles sur l'abattage, ils sont davantage marqués sur la découpe et l'élaboration des produits », note Christian Renault, d'AND. Sur la main d'oeuvre, « la disponibilité est problématique en France et la gamme large de produits coûte plus cher. » L'outil industriel français est bien automatisé, mais « souffre de dispersion géographique et de surcapacité structurelle », selon les professionnels interrogés. De même, « la valorisation des co-produits n'est pas optimisée. » Selon André Barlier de FranceAgriMer, notre pays n'affiche pas une ambiance favorable à l'élevage avec des contraintes administratives plus fortes et pas de proposition stratégique. Les pays concurrents savent mieux s'organiser en secteur, sans « appuyer sur la tête du voisin pour survivre. » Un opérateur belge interrogé pense que « la grande distribution française suit trop la volonté du consommateur et n’est pas du tout partenaire des industriels. »


Un projet accepté par la société


Toutefois, la France conserve de réels atouts avec un savoir-faire et des outils qui restent performants. Mais le redressement de la filière se fera à condition de définir un projet accepté par la société et associant tous les maillons, y compris la grande distribution. Un projet qui devra être basé sur un consensus environnemental et la définition d’objectifs économiques et sociaux partagés. « Les filières viandes blanches pèsent 140 000 emplois en France », rappelle Christian Renault. Il préconise aussi une concertation avec la grande distribution sur la question de la certification. « En Allemagne, un référentiel unique existe. » Des groupes de travail vont être initiés, intégrant toutes les parties. De quoi résorber les handicaps français liés aux relations difficiles ? C’est ce qui est espéré. Agnès Cussonneau


 





Des modèles qui plafonnent
En 10 ans, l’Allemagne a vu sa production de porc augmenter de 26%, 13% pour le Danemark et 5% pour les Pays-Bas. La productivité est meilleure, surtout aux Pays-Bas (141 kg de carcasse produits/heure) et au Danemark (135). En Allemagne, elle est de 104 et en France, de 98. « Toutefois les modèles nord européens atteignent leurs limites, confrontés à des problématiques environnementales, de santé animale et humaine. L’opposition citoyenne y devient forte », souligne Christine Roguet, de l'Ifip. Au Danemark, les frais financiers sont astronomiques. Des démarcations (bien-être, alimentation, réduction des antibiotiques...) sont en route dans ces pays.



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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Septembre 2011
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