Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°12236 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Sans armes face à la peste africaine ?
 

Pas de vaccins disponibles dans les cinq ans à venir, pas de traitements possible de la maladie : le virus de la peste porcine africaine, très résistant à la chaleur et aux désinfectants, fait trembler. Des pertes d'appétit, aux diarrhées hémorragiques, en passant par les congestions ou les conjonctivites entraînant une forte mortalité, le virus n'épargne pas grand monde et voyage plutôt bien dans les viandes, les charcuteries ou le sperme. Il se transmet par contact direct ou indirect, entre suidés, (non transmissible à l'homme), et peut être véhiculé par les tiques molles. Un vrai démon, né en Afrique subsaharienne, arrivé en Géorgie en 2006, dans les poubelles de cuisine des bateaux en provenance de Madagascar, transportant des litchis. Caché dans des résidus de produits carnés consommés ensuite par des porcs ou des sangliers locaux, dans une décharge. « Il s'est propagé par à coups », explique Marie Frédérique Le Potier, chef de service immunologie à l'Anses Ploufragan-Plouzané, intervenant au Space. « Il s'est retrouvé en Russie où il semble qu'il ait suivi les mouvements de l'armée. » Les faibles compensations financières n'incitent pas les éleveurs à déclarer la maladie accentuant ainsi sa transmission. Un nouveau cas, au mois d'août dernier, aux frontières de la Pologne donne des sueurs froides à l'Union européenne.


La recherche sur le pont


Que peut-on faire pour éviter ce virus ? « Il faut, en premier lieu, éviter les importations de porcs et de sous produits en provenance de Russie. Du port de Mourmansk, plus précisément, au trafic important. Il faut ensuite sensibiliser les éleveurs, les vétérinaires, et les chasseurs, surtout ceux qui vont chasser en Russie. » Des mesures de désinfection des camions vides en provenance de Russie, après livraison de leurs marchandises, est obligatoire depuis le début de l'année.
Les moyens de détection du virus s'améliorent. Une méthode d'analyse par PCR (recherche d'ADN du virus) a été validée en 2010. L'Anses de Ploufragan et le Cirad de Montpellier collaborent. « Nous étudions les tiques locales pour savoir si elles peuvent s'infecter, permettre au virus de se multiplier et le transmettre aux porcs. » Les chercheurs sont sur le pont et travaillent à la mise au point d'un vaccin.


Une relation éleveur-vétérinaire inconfortable


En cas de suspicion de maladie, la relation éleveur-vétérinaire peut être tendue. La raison est simple : en France, dès qu'une demande d'analyse de certaines maladies est demandée par le vétérinaire, l'élevage est bloqué. Dans le cas de la peste porcine, la réglementation européenne prévoit que l’exploitation soit placée sous surveillance officielle. Des mesures restrictives aux déplacements des porcs, carcasses ou produits susceptibles de transmettre la maladie sont imposées, ainsi qu’aux mouvements de personnes et véhicules vers ou hors de l’exploitation. Pour Florence Humbert, de l'OVS porc Bretagne, c'est un frein à la détection  précoce qu'il faut rapidement revoir. « Il faut suivre l'exemple de la Suisse, qui a entrepris une démarche de décontraction. Les analyses sont faites avant de bloquer l'élevage. Ce blocage n'est réalisé qu'à la connaissance des résultats positifs. Cela évite les tensions éventuelles entre l'éleveur et son vétérinaire, demandeur de l'analyse. » Une procédure qui serait susceptible de favoriser la détection des premiers cas. Une fois la présence de la maladie officiellement confirmée, tous les porcs de l’exploitation sont mis à mort et leurs cadavres transformés. Toute matière (viande, sperme, ovules) ou déchet susceptibles d’être contaminés sont détruits, transformés ou subissent un traitement assurant la destruction du virus. Bernard Laurent


 


Photo : Dès qu'une demande d'analyse de certaines maladies est demandée par le vétérinaire, l'élevage est bloqué. C'est, paradoxalement, un frein à la détection.







Une veille de plus en plus efficace
Le réseau d'épidémiosurveillance Epiporc, animé par une équipe de professionnels de l'OVS porc Bretagne (organisme à vocation sanitaire), est un dispositif d'échanges d'informations sanitaires. 81 vétérinaires bretons, en convention ou non avec des groupements de producteurs transmettent en fin de mois leur « carnet de bord » (données sur toutes les pathologies rencontrées dans la période, en élevage) à l'OVS. L'objectif est  de connaître l'évolution des principales maladies, et d'alerter, au besoin, en cas d'apparition d'une nouvelle pathologie. Le nombre de retours mensuel est de plus en plus important, preuve de l'implication des vétérinaires. Dans la catégorie des maladies « courantes », les colibacilloses sont les pathologies plus fréquemment signalées et souvent sous forme d'oedème, devant les problèmes respiratoires et les grippes. Viennent ensuite les problèmes liés au SDRP, aux streptocoques, aux actinobacillus et l'iléïte. Dans la catégories des maladies « exceptionnelles », le rouget et les salmonelloses reviennent régulièrement.



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Septembre 2011
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)