
« Il est bien plus facile d’obtenir des informations techniques, juridiques ou fiscales lorsque l’on est en groupe qu’en individuel », assure Nicolas Rafflé, agriculteur à Cléguérec et désormais producteur d’électricité. « J’ai assisté à une réunion sur le photovoltaïque en 2006,
à Corlay, suite à des vacances en Bavière où j’avais été intrigué par l’omniprésence de toits bleus. J’ai ensuite intégré un groupe d’agriculteurs intéressés par le sujet. » Une initiative de groupe qui leur a permis d’ouvrir des portes.
Celles du Conseil général, des banques, des assureurs et de contacter les différents fournisseurs. « La problématique d’installation de panneaux est différente pour chaque producteur. On apprend donc très rapidement, on affine ses choix et tout le monde avance, même si chacun garde la main sur son dossier, en toute confidentialité. » Une dizaine de producteurs se sont ainsi équipés, dans le secteur géographique. Certains d’entre eux ont, depuis, réalisé d’autres projets. Ils sont désormais adhérents de l’Apepha (association des producteurs d’électricité photovoltaïque) qui défend leurs intérêts et procure une nouvelle dynamique.
Label Bois de bocage
Sur le secteur de Pontivy, c’est la filière bois de bocage qui a bénéficié de l’énergie de groupe. « La ressource existait, les besoins également. Nous nous observions entre les agriculteurs et les collectivités, qui demandaient surtout « un prix. » Après s’être assurés que le potentiel de production correspondait aux besoins de consommation exprimés, nous nous sommes réunis en association », explique Gaëtan Le Seyec, agriculteur à Guern. Quatre communautés de communes, des ETA, la FDCuma et le CRDA ont décidé de travailler ensemble. « Les collectivités ont compris l’enjeu économique et environnemental pour le territoire et accepté de payer un peu plus cher un
produit local pour chauffer certains bâtiments. » La prochaine étape consistera à mettre en place un label « bois de bocage » pour faire reconnaître la qualité, la traçabilité du bois plaquettes produit par les agriculteurs.
Rallye énergie
Denis Onno, de Mauron, et Jean-Louis Le Fur, du Faouët, témoignaient des efforts de leurs groupes respectifs pour répondre aux problématiques d’économies d’énergie. À Mauron, les rallyes organisés ont permis aux agriculteurs de visiter des fermes équipées de différents systèmes d’économie d’énergie (refroidisseurs à lait, échangeurs thermiques en poulailler, conduite de tracteurs). Au Faouët, la dynamique à débouché sur un achat groupé d’une dizaine de prérefroidisseurs à lait. 500 à 600 euros d’économie par appareil. Des équipements qui collent aux besoins de chacun. La démarche est aussi une bonne
expérience collective, selon Jean-Louis Le Fur.
Bernard Laurent
Légende photo : Les responsables des GVA se sont retrouvés le jeudi 8 à Pluméliau.