
« Face aux aléas des prix de vente agricoles, mais aussi des coûts des intrants, nous avons fait le choix de nous orienter vers un système plus autonome », précise Julien Sauvée, associé depuis 2010 avec son père Loïc et son oncle Michel. Le Gaec de Palmyre produit du lait (480 000 L, 70 VL), de la viande bovine et du cidre, s’appuyant sur deux sites de production à Dingé et Melesse (100 ha dont 3 en vergers). L’exploitation est passée en bio en 2010. Les producteurs et l’Adage avaient organisé une porte ouverte sur le site de Dingé le 9 septembre dernier.
Espèces au cas par cas
Pour atteindre aujourd’hui l’autonomie alimentaire à 100 %, les producteurs ont eu recours au logiciel « prairie », développé par l’Adage, qui permet d’évaluer les conséquences techniques, économiques et éventuellement énergétiques d’un changement de système. La surface en herbe a été augmentée, passant à 80 ha. Environ 20 ha sont en praires permanentes (pâturage ou foin), 2 ha en luzerne, 2 ha en RGH – trèfle violet – avoine (fauche) et le reste est implanté en RGA, trèfle blanc, trèfle violet, fétuque des près et avoine. « Les variétés et quantités varient selon la précocité et le type de sol », notent les éleveurs qui ont emmagasiné sur des années de précieuses connaissances en matière d’herbe.
Certes, en cas de manque d’eau, les stocks sont moins importants avec ce type de fourrage. « Mais nous avons un levier
« sécheresse » : le mélange céréalier. Cette année, nous l’avons ensilé : il sera donné cet hiver. » Les producteurs utilisent deux types de mélanges : triticale – féverole et avoine – pois – triticale. « Et s’il nous faut acheter de l’énergie, c’est moins cher que les concentrés protéiques. »
Cohérence agronomique du maïs
« Nous cultivons 6 ha de maïs, une plante qui reste intéressante dans les rotations. Elle con-somme l’azote après le retournement des prairies (tous les 6 – 7 ans) avec des rendements de 14 tonnes sans engrais minéraux. Par ailleurs, le désherbage mécanique s’est amélioré sur cette culture. » Pour faciliter l’utilisation, 2 ha de maïs vont être déshydratés.
L’ensilage de maïs est réservé aux périodes de transition, en automne et
au printemps, « quand l’herbe est déséquilibrée. » En hiver, la ration est basée sur l’ensilage d’herbe. Toute l’année, des concentrés sont donnés aux vaches en pic de lactation. Aucun concentré n’est acheté : ils sont produits sur l’exploitation (céréales et mélanges céréaliers récoltés en grains secs) et stockés dans deux silos. Les producteurs disposent d’un aplatisseur de céréales.
Le changement de système vers davantage d’herbe et moins de céréales permet de faire baisser le coût alimentaire de 67 à 37 euros/1 000 L. « Nous avons notamment fait chuter les charges de mécanisation. » L’EBE/produit est préservé (autour de 40 %), idem pour l’EBE/UTHF qui atteint 19 400 euros.
Agnès Cussonneau
Davantage de recettes avec la vente directe
Soucieux d’améliorer la valorisation de leurs produits, en plus du bio, les producteurs ont développé la vente directe, via un magasin situé sur le site de Melesse. Issue du troupeau de 18 vaches Limousines, la viande bovine est totalement commercialisée en caissettes de 10 kg, contenant tous les morceaux. « Nous proposons des veaux élevés sous leurs mères (plutôt les mâles vendus à 3,5 – 4 mois) et des femelles adultes. La viande de veau est vendue 11,20 euros/kg (9,40 euros pour les adultes) », détaille Loïc Sauvée qui glisse que son prix « sortie élevage » est deux fois plus important que celui du marché classique. « Nous avons développé un réseau à partir de notre listing de clients en cidre. » 8 000 bouteilles de cidre fabriqué artisanalement au pressoir sont vendues tous les ans (2,20 euros la bouteille).
Légende photo : Porte ouverte au Gaec de Palmyre, le 9 septembre dernier.