
Le parcours de Myriam est pour le moins atypique. Originaire de la région parisienne, c’est d’abord la Bretagne qui l’attire. Elle s’y installe en 1997 à Lamballe pour y exercer son métier de pédicure-podologue, pendant 9 ans, jusqu’en 2006. Elle décide alors de vendre son cabinet. « Envie de faire autre chose », confie t-elle. « Mais sûrement pas pour aller dans l’agriculture ». Du moins le pense t-elle. Elle avoue même s’être dit, avant d’avoir rencontré Nicolas Le Gall producteur de lait et de viande bovine à Plussulien, qu’elle ne serait jamais la compagne d’un agriculteur. « Je voyais cela de s’extérieur et je pensais que le métier n’était fait que de contraintes ».
Un premier démenti donc lorsqu’elle rencontre Nicolas, mais pas encore prête pour autant à embrasser le métier. Petit à petit, découvrant la vie à la ferme auprès de Nicolas, « d’abord les week-end », l’idée de s’installer fait son chemin. « J’étais la première étonnée que l’agriculture m’intéresse ». Au point qu’en 2009/2010, elle suit une formation en BPREA au Lycée du Gros Chêne à Pontivy, en vue d’une installation qui se concrétise fin 2010.
« Cette installation est devenue mon projet de vie, alliant vie professionnelle et vie familiale ». Aujourd’hui, associée en EARL avec Nicolas, Myriam participe activement aux travaux de l’élevage : traite, soin aux veaux… Et dit s’épanouir.
La vente directe pour le contact
Dans son projet d’installation, elle a souhaité initier une activité de vente directe de viande bovine à la ferme (race Blonde d’Aquitaine) en colis de 10 à 12 kilos avec une diversité de morceaux. Elle a suivi des formations proposées par la Chambre d’agriculture pour les projets de vente directe : aspects commerciaux, réglementation sanitaire, communication.
« Nous recensons les clients, et lorsque nous en avons suffisamment, environ une vingtaine, pour débiter une bête nous organisons l’abattage, la découpe, l’emballage sous vide ». Les clients sont alors invités à venir récupérer leur colis à la ferme. Myriam offre également la possibilité de livraison. La démarche encore récente permet de commercialiser en vente directe une bête comprise entre 420 et 450 kg de carcasse, tous les 3 mois, mais l’objectif raisonnable serait de commercialiser une bête par mois.
Les éleveurs s’appuient pour la découpe, l’emballage et mise sous vide sur un prestataire de service qui dispose de son laboratoire « Fredolène (Hélène et Frédérique Follézou) à Glomel ». Une armoire frigorifique pour la conservation de la viande installée dans un petit chalet à proximité de l’exploitation assure la conservation entre la découpe, la mise en colis et l’enlèvement par les clients. Le chalet lui sert de local de préparation et de distribution des colis. « C’est un moment important qui permet de discuter avec les clients. J’ai d’ailleurs étalé ma dernière livraison sur 3 demi-journées pour justement donner un peu plus de temps à ce côté relationnel », confie Myriam.
Il est aussi possible de retrouver la Ferme de Lispellan sur Facebook, en tapant (page facebook « Ferme de Lispellan viande ») sur le moteur de recherche. Pierre Dénès
Repères : Facebook : «Ferme de Lispellan viande». Tel 02 96 24 01 64 ou 06 81 46 55 44
La 7e journée « Agriculture au Féminin » consacrée à la Pac 2013
La politique communautaire sera l’un des thèmes de la journée « Agriculture au Féminin » mardi 20 septembre à Plérin avec la participation de Mary Henry Bouvier, économiste à la Chambre régionale d’agriculture sur les évolutions possibles, les conséquences les opportunités.Une deuxième partie de la journée sera d’ailleurs consacrée à la maîtrise de l’environnement juridique, avec la participation de Christophe Rondel, conseiller juridique. Journée ouverte à toutes et gratuite (hors déjeuner de 15 euros réglés sur place). Inscription auprès de Nabila Gain au 02 96 80 00 04, par fax au 02 96 80 00 09 ou par mail : nabila.gain @cotes-d-armor.chambagri.fr
Légende photo : Myriam Bauer et le petit Matthias, accompagnés de Cécile Nicolas, membre du comité de pilotage d’Agriculture au féminin.