
Après deux années de hausse importante, le coût de production repart à la baisse. Ce repli de 2,9 % s’explique par l’évolution favorable de 4 postes de charges sur 18. A commencer par le coût de renouvellement qui baisse de 8,2 %. Il a bénéficié d’une politique de renouvellement moins forte en deuxième partie de campagne, suite aux rallonges accordées et à l’amélioration de la conjoncture. Ce coût mesure le différentiel existant entre le prix de vente d’une vache de réforme et le prix d’achat d’une génisse prête à vêler. On constate, là aussi, de grands écarts entre les exploitations. Dans l’échantillon, il varie de moins de 10 €/1 000 L à plus de 50 €/1 000 L, en fonction des politiques de réforme, de la mortalité, de la précocité de vêlage des primipares (cf. encadré). Le coût alimentaire reste cependant élevé au sein des charges proportionnelles. La faute aux matières premières qui sont reparties à la hausse début 2010. Et l’hiver long et rigoureux, au moment où le prix commençait à augmenter, a contraint les éleveurs à utiliser un maximum de stocks…
Maîtrise des investissements
Les charges de structure, elles, après une dizaine d’années de hausse ou de stabilité, diminuent de 3,4 % grâce à la baisse des cotisations sociales consécutive aux faibles résultats de la campagne précédente. A noter quand même une légère régression des charges de mécanisation et de bâtiments, signe d’un fléchissement des investissements ou plus probablement d’une meilleure adéquation de ces investissements avec les quantités à produire. La reprise économique a permis aussi de relancer la production sur la fin de la campagne. Plus de lait produit, sans investissement supplémentaire, c’est l’effet dilution qui joue pleinement ! Cette évolution, conjuguée avec un prix bien orienté sur les premiers mois de la nouvelle campagne devrait permettre aux trésoreries malmenées de se reconstituer progressivement.
Hausse de l’EBE
L’EBE moyen s’élève à 171,30 €/1 000 L cette année, en hausse après un plus bas historique atteint l’an passé. Il permet à nouveau de couvrir les remboursements d’emprunts et les prélèvements privés. Le recours à l’emprunt reste prépondérant pour les investissements qui restent stables. Le retournement de tendance du début d’année 2010 a permis à l’EBE de retrouver des niveaux d’il y a cinq ans. L’amélioration du fonds de roulement de 12,8 €/ 1 000 L ne compense toutefois pas la chute de 13,5 € de l’an passé. A 52 %, le taux d’endettement reste stable avec 39 % de dettes à long et moyen terme et 13 % de dettes à court terme. Le total de l’actif, ramené aux 1 000 L de lait s’élève à 880 €, ce qui permet de situer la valeur moyenne des exploitations.
210 000 L pour 1 UTH
La productivité continue de s’accroître chez les producteurs spécialisés. La référence laitière augmente de 6,8 % par rapport à l’an passé pour atteindre 360 000 L sans hausse de la main d’œuvre en parallèle. Une UTH est à même de produire 210 000 L au lieu de 180 000 il y a trois ans… Cette productivité du travail reste un axe d’optimisation économique important. On note encore de grandes disparités entre les exploitations sur ce critère qui peut varier de moins de 100 000 à plus de 450 000 L / UTH. Les progrès technologiques et l’optimisation du cheptel expliquent ces écarts.
Emmanuel Etesse / Cogedis Fideor
Optimiser le coût de renouvellement
Plusieurs axes de travail sont à privilégier : viser un taux de renouvellement de 25 % qui permet d’amortir ses vaches sur 4 lactations ;
minimiser le pourcentage de réforme « boucherie » ; rajeunir l’âge au vêlage des génisses en se donnant comme objectif des croissances rapides dans les premiers mois de vie de l’animal ; éviter de trop sécuriser son élevage avec un nombre important de génisses.
Légende photo : Le coût de production du lait est en baisse de 2,9 % par rapport à l’année dernière.