
« En 30 secondes, matin et soir, je sais quelles sont les vaches dont le temps de rumination est anormal », explique Jean Yves Brard, associé du Gaec du Ranch, en charge du suivi du troupeau de 90 laitières. « Tout simplement en consultant un boîtier électronique, placé dans la laiterie ». Un vrai plaisir selon l’éleveur. Une réelle sécurité surtout. Mammites, boîteries, acidoses ou problèmes de santé plus insidieux influent sur le temps de rumination. Leur détection en est facilitée, dès leur apparition. « Depuis 2 ans, mes vaches étaient équipées de colliers Heatime, pour la détection des chaleurs. Les résultats de fécondité se sont nettement améliorés. J’en étais enchanté. J’avais même tendance à relâcher la surveillance du troupeau ». Le procédé relève l’activité motrice de l’animal et les mouvements d’agitation.
Même les taries
Depuis un mois, l’éleveur est passé à la vitesse supérieure, en s’équipant du système Ruminact, proposé par Créavia, qui mesure à la fois l’activité de l’animal et le temps de rumination. Exit les anciens colliers, à l’exception de 16 d’entre eux, conservés pour la détection des venues en chaleur des génisses, pour lesquelles l’éleveur n’a pas jugé nécessaire de contrôler la rumination. Les vaches sont désormais équipées de colliers Ruminact. « J’ai choisi d’équiper toutes les vaches, y compris les taries. Je n’ai donc pas besoin de transférer les colliers, contrairement à l’ancien système. J’en avais 35 que je plaçais au cou des animaux entre le vêlage et l’échographie ». 90 colliers désormais, qui permettent à l’éleveur d’avoir, à l’écran, à la demande, le temps de rumination de chaque vache sur la journée, et surtout les alertes en cas de baisse trop importante de l’activité de mastication, voire de « surrumination ». Hormis une fièvre de lait, l’éleveur n’a pas eu de problème de santé à déplorer sur le troupeau depuis l’installation. « ça viendra. Si on ne voit pas le problème, l’outil le verra. C’est une sécurité, surtout le week-end, quand ce n’est pas la personne en charge du troupeau qui est de garde ». Il offre également la possibilité de contrôler l’efficacité d’éventuels traitements médicaux en cas de pathologies. « Si la rumination repart, il n’y a pas lieu de revoir le traitement ». Le système peut également être un indicateur intéressant en matière de nutrition, lors de l’ouverture des silos, des mises à l’herbe, pour gérer les transitions alimentaires et optimiser les rations.
9 000 € par élevage en moyenne
L’outil, qui répond aux problématiques liées à l’augmentation de la taille des troupeaux et au souhait des éleveurs d’avoir plus de temps libre, a un coût : de 7 000 à 12 000 € par élevage. Un investissement conséquent qui doit permettre aux éleveurs de diminuer les frais vétérinaires qui sont, en moyenne, de 232 € par vache ou de 32 €/ 1 000 L (étude réalisée sur 200 élevages des Pays de la Loire), avec de fortes disparités : de 25 à 45 € / 1 000 L selon les élevages.À terme, le procédé permettra de cerner les liens entre rumination et efficacité alimentaire, voire de sélectionner des vaches sur ce critère. Une expérimentation, menée en 2012, sur des vaches en Région Centre, mettra en relation la rumination et l’émission de gaz à effet de serre. Plus de lait, moins de gaz, de quoi ruminer pendant quelques années. Bernard Laurent
Photo : Le Ruminact complète le dispositif de détection des chaleurs Heatime.
Présenté au Space, sur le stand Créavia
Ruminact détermine l’activité de rumination. Son principe fondamental est dans un collier doté d’un actimètre capable d’enregistrer les sons relatifs à la rumination. La transmission des données mémorisées se fait avec une antenne située à l’entrée ou à la sortie de la salle de traite, ou pour les vaches taries et les génisses, au dessus d’un ou plusieurs abreuvoirs. La transmission se fait à chaque fois que l’animal passe sous l’antenne. Il est possible de visionner l’activité de rumination à intervalles de deux heures afin de contrôler la progression en détail. Sinon, il est possible de contrôler l’activité journalière, par animal. Le contrôle se fait sur un boîtier électronique à écran tactile ou directement sur ordinateur.