
L’étude annuelle Cogedis Fideor met en exergue une situation technico-économique plus favorable pour les exploitations spécialisées à plus de 80 % en volailles. Or, elles ne représentent que 26 % car dans la plupart des exploitations, la production de volailles reste secondaire. En poulet, en 2010, la marge brute était de 29,50 €/m² pour les spécialisés contre 27,26 €/m² pour les autres. Le poids total produit / m² était de 251 kg pour les spécialisés contre 244 pour les autres. Pour les producteurs de dindes, le constat est le même : pour la marge brute : 29,9 €/m² pour les spécialisés contre 27,1 €/m² pour les autres. La productivité est meilleure pour les spécialisés de 8,5 kg, soit 175,9 kg/m². D’une manière générale, il existe une grande hétérogénéité entre les élevages. L’écart type est de 9,13 €/m² en poulet et de 8,12 €/m² en dinde.
Disparités en fonction de la taille
La rentabilité des élevages augmente avec la taille. Il suffit de comparer trois groupes pour le constater : les élevages de plus de 3 000 m², les élevages entre 2 000 et 3 000 m² et les élevages entre 1 000 et 2 000 m². L’analyse de l’Excédent brut d’exploitation (EBE) pour ces trois groupes indique des disparités en fonction de la taille des élevages (cf. graphique). Ce critère permet de mesurer la performance économique d’une exploitation indépendamment de sa structure ou de son ancienneté. En effet, ce critère ne tient compte ni des amortissements de l’exercice ni des intérêts d’emprunts engendrés par le financement des investissements. L’EBE est utilisé, d’une part, pour assurer le remboursement des annuités d’emprunts ; d’autre part, pour satisfaire les besoins privés. Le solde pourra servir à autofinancer tout ou partie des nouveaux investissements ou, à défaut, consolider le fonds de roulement de l’exploitation. Entre les différents systèmes, plus la taille de l’élevage est importante et plus la performance économique est élevée. Pour preuve, en 2010, en poulet, l’EBE/m² était de 21,61 € pour les élevages de plus de 3000 m² contre 15,27 € pour les élevages entre 1 000 et 2 000 m². Par contre, il faut noter une différence plus légère de 1,48 €/m² seulement entre les élevages de taille comprise entre 1000 et 2000 m² et les résultats des élevages entre 2000 et 3000 m². Ce constat est similaire en dinde mais la différence est moins prononcée.
Economies d’échelle
Même constat concernant la productivité du travail, plus la taille de l’élevage est importante, plus elle augmente. En poulet, le nombre de m²/UTH est de 2 386 m² pour les élevages supérieurs à 3000 m² de bâtiment contre 1 452 m²/UTH pour les élevages compris entre 2 000 et 3 000 m². La recherche d’économies d’échelle est primordiale sur ce point et permet également d’améliorer l’efficacité économique des élevages par UTH. A ce niveau, les différences sont très marquées. Pour les élevages de plus de 3 000 m², l’EBE/UTH est de 64 000 € contre 28 000 € pour les élevages compris entre 2 000 et 3000 m² et 18 000 € pour les élevages compris entre 1 000 et 2 000 m².
Modèle économique
L’agrandissement et la rénovation des élevages doivent permettre d’améliorer leur efficacité technico-économique. Cette croissance doit s’accompagner d’économies d’échelle. Cependant, avant de s’engager dans un agrandissement, il faut déterminer la rentabilité du projet et mesurer son impact financier. Attention également aux conséquences sur l’organisation du travail. Dans cette perspective et dans un contexte de marché avec des prix fluctuants, la connaissance du coût de production est un repère essentiel pour le producteur qui devra imaginer tous les moyens possibles pour le réduire, sans altérer bien sûr le potentiel de l’exploitation. Le modèle économique d’aujourd’hui doit encore s’améliorer pour réduire les écarts de compétitivité et être en mesure de faire face à la concurrence du Brésil notamment.
Jean-Christophe Séité / Cogedis Fideor
Photo : Selon l’étude Cogedis Fideor, la rentabilité des élevages de volailles de chair augmente avec la taille.