
La filière ovine est confrontée au renouvellement de ses éleveurs, dont l'âge moyen est élevé. Quelles sont la taille de troupeau et la productivité nécessaires pour une installation en bonnes conditions ? Alain Gouédard (CA 35) et Vincent Bellet, (Institut de l''Elevage) ont réalisé une simulation de reprise et de modernisation d'une exploitation ovine.
Objectif de 12 t de carcasse
La reprise porte sur une exploitation de 80 ha, tout en fermage, avec 400 brebis et une bergerie d'une capacité de 200 places. Le troupeau est porté à 550 brebis, avec l'achat de 150 agnelles, la construction d'une bergerie de 275 places et l'investissement en matériel de distribution de concentrés. Le montant global de la reprise et des investissements est évalué à 212 500 €, financés par prêt JA de 177 500 € sur des durées variant de 7 à 15 ans. L'autofinancement et la subvention bâtiment représentent 35 000 €. La DJA versée en année 1 finance le besoin en fonds de roulement. Le projet prévoit une progression de la productivité des brebis au cours des 4 premières années. En année 4, avec 550 brebis, et une productivité numérique de 1,4, l'éleveur vendrait 12 200 kg de carcasses d'agneaux contre 7 400 en année 1 avec 400 brebis et une productivité numérique de 1,2. Les 13 ha de céréales autoconsommées permettent de couvrir les besoins énergétiques des brebis et des agneaux (achat de complémentaire azoté).
Prix d'équilibre à 5,40 € / kg
L'EBE dégagé en année 4 atteint 43 800 € pour des annuités de 21 700 €. Il reste donc 22 100 € de disponible pour les prélèvements (15 000 €) et la marge de sécurité (7 100 €.). Le prix d'équilibre se situe en année 4 à 5,40 €/kg. Pour les deux techniciens : « La réussite du projet est d'abord liée au respect des objectifs en matière de productivité des brebis. En année de croisière, la variation de 0,1 point de productivité numérique génère une variation de 4 200 € de la marge de sécurité alors que l'écart généré par 0,10 €/kg de carcasse ne l'impacte que de 1 220 € ». Patrick Bégos
Photo : Le respect des objectifs de productivité impacte davantage la rentabilité que le prix du kg de carcasse.