
La nouvelle aide ovine d'un montant avant modulation de 20,58 € / brebis, plus un complément de 3 € lié à la contractualisation, a été confortée par une revalorisation des DPU, pouvant aller jusqu'à 150 % dans les systèmes herbagers (bilan de santé de la PAC). Ce rééquilibrage des aides prend place dans une conjoncture plutôt favorable avec 2 années de nette augmentation du prix du kg de carcasse. Le marché porteur est lié à la baisse des importations. Certes, la flambée des prix des céréales ainsi que sur certains intrants modère un peu le constat, pour l'avenir. Alain Gouédard, de la Chambre d'Agriculture d'Ille et Vilaine et Vincent Bellet, de l'Institut de l'Elevage, ont actualisé la rentabilité observée dans les cas-types des Réseaux d'Elevages Ovins. L'objectif était de mesurer l'impact de la nouvelle conjoncture sur le revenu potentiel des élevages, en fonction de la conduite de l'atelier et des productions associées. Il ne s'agit pas d'un revenu moyen mais d'un revenu « espérable » lorsque la structure et les performances sont satisfaisantes.
Avantage aux spécialisés
La conjoncture 2010 place les deux systèmes spécialisés à des niveaux de revenu très proches, à environ 22 000 € par UTA. Le système intensif avec 50 ha dont 8 de céréales et 420 brebis, dégage 23 000 € de revenu (1 UTA) sur une petite structure grâce à la forte productivité du troupeau et à son niveau d'autonomie alimentaire, obtenue avec l'ensilage de maïs et les céréales. Le système semi-extensif (70 ha dont 7 de céréales) avec 500 brebis en système herbager profite à la fois des DPU herbe et de la bonne tenue des cours lors de la saison 2010 avec un revenu de 22 000 € par UTA. En 2 ans, ce revenu a plus que doublé.
Progression en systèmes mixtes
La bonne conjoncture ovine profite également dans une moindre mesure aux systèmes mixtes. Ainsi, avec 45 ha, un atelier ovin de 200 brebis, en complément d'un petit quota de 140 000 litres, le revenu potentiel atteint 25 000 € soit une augmentation de 34 % après le creux de 2009. Ce système nécessitant 1,5 UTA, le revenu atteint 16 800 € par UTA.
L'augmentation est encore plus nette pour le système « Ovins et petit hors-sol ». Sur 60 ha avec 10 ha de céréales, 400 brebis et 2 poulaillers label, le revenu atteint aussi 25 000 € pour 1,5 UTA. Suite au rééquilibrages des aides, sur les 4 systèmes présentés, les 2 spécialisés bénéficient donc d'un avantage de l'ordre de 6 000 € de revenu par UTA, par rapport aux deux systèmes mixtes. Cet écart s'explique aussi par une plus grande surface disponible par UTA pour le système herbager. Avec l'augmentation des coûts de 2011, l'efficacité des systèmes reposera sur le maintien de la productivité et la maîtrise des charges. Patrick Bégos
Photo : Les systèmes spécialisés dégagent le meilleur revenu