
Au lendemain, de la fête départementale de l'agriculture, c'est la FDSEA qui sonne l'heure de sa rentrée avec une conférence de presse et déjà de nombreux dossiers sur la table de la nouvelle équipe en place depuis le printemps derrière son président, Didier Lucas. Avec, dès mercredi 24 août, une réunion à la préfecture où les représentants agricoles devaient s'entretenir avec le préfet aux sujets de la crise de la filière légumière qui plonge les 80 producteurs de tomates du département dans une situation catastrophique, et des producteurs de porcs confrontés à un prix toujours insuffisant. « Il manque 15 ou 20 centimes du kilo », précise Didier Lucas, particulièrement inquiet pour les plus jeunes producteurs. « Depuis 10 ans, ils perdent en moyenne 9 centimes d'euro par kilo de cochon. »
Mise en garde
Et dans ces conditions, il lui paraît inacceptable que les acheteurs aillent s'approvisionner ailleurs pour faire baisser les prix « alors qu'on nous demande des chartes de qualité. » Dans le viseur : la grande distribution. S'ils admettent « que les distributeurs ont fait un effort en début d'année », notamment vis-à-vis du label VFP, les responsables de la FDSEA dénoncent aujourd'hui un relâchement de ces mêmes opérateurs. En plus de demander à l'État d'imposer l'étiquetage de l'origine sur les produits finis « pour que le consommateur ait le choix », ils mettent en garde les distributeurs pour les inciter à réintroduire les indications d'origine dans leurs rayons, sous peine « d'actions très dures. On ne sera pas dans l'étiquetage. On touchera autant leur porte-monnaie qu'ils touchent au notre », avertit Didier Lucas.
Concombres et algues vertes
Pour sensibiliser les consommateurs à la situation des producteurs de tomates, une distribution gratuite de tomates était prévue à la sortie de la rencontre avec le préfet. « Il y a des aides prévues, suite à la crise générée par l'affaire du concombre, mais elles n'ont toujours pas été débloquée en France », justifie Didier Lucas, qui précise que 1,8 millions d'euros sont prévu pour la France. Depuis le début de la crise, « les 80 producteurs costarmoricains ont perdu l'équivalent d'un million d'euros », chiffre-t-il. Un autre événement estival qui a affecté plus particulièrement les agriculteurs du département, le dossier des algues vertes a du mal à passer. « La profession a du mal à comprendre qu'elle soit visée alors qu'elle nourri et produit de la qualité. » Et Didier Lucas d'appeler à la fin de « l'agro-terrorisme qui consiste à vouloir terroriser le consommateur par rapport à ce qu'il mange. » Sébastien Giraudeau, le directeur de la FDSEA complète « ici la sécurité alimentaire est garantie. Si on détruit l'agriculture bretonne avec de tels discours, il faudra importer des produits alimentaires dont la qualité sera beaucoup plus douteuse. » Pour autant, il n'est pas question que la profession se désengage des travaux lancés sur le sujet environnemental « où la responsabilité est collective et où il faut que chacun s'investisse » réaffirme Didier Lucas. « Il faudra être plus intelligent que ça » et poursuivre l'avancée du Plan algues vertes.
Aides et indemnisations
Alors que le paiement des indemnités calamités agricoles 2010 vient d'arriver sur les 634 exploitations concernées, la FDSEA s'investi dans l'élaboration des dossiers sécheresse 2011. Le travail consistera à présenter un zonage le plus juste possible aux services de l'État. Sur le plus long terme, le syndicat est aussi engagé dans la réflexion avec la chambre d'agriculture, sur les conséquences de la Pac après 2013 pour élaborer des propositions concrètes sur le mode d'attribution des aides. Ronan Lombard
Photo : De gauche à droite : Sébastien Giraudeau, directeur de la FDSEA, Didier Lucas, président et Chantal Bévillon, secrétaire ont annoncé une rentrée chargée et active pour le syndicat majoritaire.