
Le succès du festival des battages à Plumaugat ne se dément jamais, et il n’y a que la météo qui peut décourager les plus mordus, et encore... « Près de 10 000 visiteurs en 2010, venus de tout le grand ouest », souligne Jean Texier, président du comité d’organisation, toujours étonné de cet énorme succès. Pour ceux qui ont fait le déplacement, la manifestation reste exceptionnelle. C’est toute la vie des campagnes et communes rurales d’autrefois qui reprend ses droits. Un véritable album de cartes postales vivantes des campagnes bretonnes des années 40 à 60. Le cœur de la fête bat au rythme des traditions de la moisson, avec les couperies de blés au champ avec bœufs, chevaux, ânes et ensuite les premièrs tracteurs, les moissonneuses… et bien sûr le battage sur l’aire. Les métiers d’antan reprennent aussi leur place dans ce grand village. Le forgeron, le bourrelier, le charron, le tonnelier, le cerclier, les fileuses, les lavandières, le sabotier se remettent au travail pour quelques heures, faisant ainsi découvrir la noblesse de tous ces métiers, pour la plupart disparus. Etonnement et parfois nostalgie pour les plus anciens en traversant la classe de l’école ou en découvrant les femmes affairées à fabriquer du pain, ou à malaxer le beurre.
Grâce aux bénévoles
Chaque année les organisateurs tentent de dénicher des attractions nouvelles. Ainsi en 2010, l’une des attractions fût la sculpture sur bois à la tronçonneuse. D’une une bille de bois, le sculpteur avait fait naître un moissonneur en tenue bretonne avec sur l’épaule une gerbe de blé. Il revient cette année, et devrait sculpter une bretonne. Jean Texier souligne l’engagement de la population au-delà même du canton. « La réussite et la pérennité de la manifestation tient à la mobilisation locale autour de l’association des familles rurales, organisatrice de la fête ». Il faut effectivement plus de 700 bénévoles pour préparer la fête, assurer les 3 000 repas de batterie du midi (bœuf et lard bouilli) et près de 2 000 parts de ragoût pour le soir. Le défilé du début d’après-midi met en mouvement 50 tracteurs, 15 moissonneuses batteuses et plus de 500 personnes en tenue d’époque. Les organisateurs ont d’ailleurs depuis plusieurs années mis un point d’honneur à ce que les tenues soient impeccables. C’est aussi ce qui fait le cachet de la manifestation. Pierre Dénès