
Les mises en place de poulettes qui ont baissé de 31 % au premier trimestre 2011 par rapport à la même période de 2010 ont créé un déclic au sein de la filière. Françis Damay, président du CNPO (interprofession de l'œuf), Yves-Marie Beaudet, président de la section œufs de l'UGPVB et Philippe Juven, président des producteurs d'œufs du Sud-Ouest ont lancé un cri d'alarme pour une revalorisation urgente du prix de l'œuf afin de compenser, au moins, l'augmentation du coût de production.
Alimentation et bien-être
Deux postes importants pèsent aujourd'hui sur la rentabilité de la filière. D'abord l'augmentation du coût des matières premières (+ 42 % entre mai 2009 et mai 2011). Or, l'aliment est le premier poste de charge d'un atelier de pondeuses. Par ailleurs, l'application de la directive bien être des pondeuses en cages, au 1er janvier 2012, (750 cm2/poule, nids, perchoirs…) nécessite le changement des cages et dans beaucoup de cas, la rénovation ou la construction de poulaillers neufs. L'investissement varie de 15 €/poule en rénovation à 25 €/poule en bâtiment neuf, ce qui génère une annuité comprise entre 0,60 et 1,10 € pour 100 œufs (prêt sur 10 ans). Alors que la marge brute par poule a chuté à 3,17 €/poule au 1er trimestre 2011 (Cer France 22), l'éleveur doit donc faire face à des charges supplémentaires lié à cet investissement.
1,62 ct par oeuf, en plus
« Nous demandons donc à la grande distribution, la revalorisation de nos prix de vente de 1,62 ct par oeuf, afin d'assurer la survie de notre filière », explique Françis Damay. Il estime que la grande distribution pratique une marge de 30 % sur les œufs, ce qui lui procure une marge globale de 240 millions d'euros sur l'ensemble des œufs vendus aux consommateurs, alors que les producteurs subissent une perte de 80 millions d'euros par la non-répercussion de la hausse de leur coût de production. Pour aboutir, cette démarche des producteurs devra être relayée par les entreprises de conditionnement, elles-mêmes en crise grave. La Confédération française de l'aviculture (CFA) demande une validation, par l'Observatoire des prix et des marges, des indicateurs prévus dans l'accord du 3 mai, pour faire jouer la clause de réouverture des négociations avec la grande distribution. Patrick Bégos
Photo : Les producteurs demandent 1,62 ct par œuf pour compenser l'augmentation de leur coût de production.