
L’ensemble des acteurs concernés par le territoire d’Ille-et-Vilaine étaient représentés à l’occasion de la signature de la « Charte agriculture et urbanisme », le 18 juillet à Rennes. « Cette charte témoigne de la vision partagée du territoire, de ses enjeux et de son mode de développement, et propose des préconisations en terme d’aménagement des espaces », ont souligné les élus présents. Du fait de son évolution démographique (+ 1,2 % par an depuis 1999), le département d’Ille-et-Vilaine connaît une augmentation des tensions sur le partage de l’espace rural. À l’urbanisation et au développement des infrastructures, s’ajoute aujourd’hui des besoins plus récents d’espaces pour préserver la biodiversité et les milieux naturels. 1 000 ha de terres agricoles disparaissent chaque année au profit de l’urbanisation et des loisirs.
Préserver et anticiper
Or, « pour installer des jeunes, conserver les productions animales, majeures dans la vie économique du département, et répondre aux enjeux environnementaux, l’agriculture a besoin de surfaces », rappelle Joseph Ménard, président de la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. Et d’ajouter : « la LGV (Ligne à grande vitesse) représente un projet ambitieux pour la Bretagne, mais elle va nécessiter 800 ha de prélèvements de terres sur les trois départements qu’elle traverse. »
D’où l’intérêt de la charte de mieux gérer l’usage des terres agricoles, mais aussi d’anticiper les évolutions. Même si ce document n’est pas réglementaire, les services de l’État, les collectivités, les bureaux d’études et le monde agricole doivent chercher à intégrer ses cinq grands principes dans leur champ d’action. Le premier est de préserver les espaces et activités agricoles, en produisant notamment des diagnostics approfondis identifiant ces activités et leurs besoins. Des zonages spécifiques à l’agriculture seront établis dans les Scot, Plu ou cartes communales. Ces territoires seront reconnus pour leurs fonctions économique, environnementale et paysagère. L’étalement des villes sera maîtrisé en privilégiant le renouvellement des tissus urbains, et en prévoyant des habitats et zones d’activités plus compactes. Le deuxième principe vise à faire reconnaître le rôle des activités agricoles dans la préservation de l’espace rural et des milieux naturels. Le troisième, à favoriser ces activités, outil de développement économique. Le quatrième principe entend renforcer les liens entre l’agriculture et les autres usages. Enfin, le cinquième principe s’attache à faire vivre la charte, via l’échange de données entre partenaires, et l’évaluation et le suivi des Scot et Plu sur le volet agricole. Ce document va être largement diffusé auprès de tous les acteurs de l’aménagement.
Pédagogie auprès des citoyens
« Face à la croissance démographique, les élus locaux ont parfois des difficultés à économiser les terres agricoles. Mais ils sont conscients de cette problématique. Cette charte doit aussi avoir un but pédagogique, pour faire comprendre aux citoyens qu’on peut vivre autrement que sur des parcelles de 800 m2. Ils doivent mieux intégrer les enjeux liés à l’agriculture », a déclaré Françoise Gatel, Présidente de l'Association des maires d'Ille-et-Vilaine. Agnès Cussonneau
Photo : De g. à dr. : Françoise Gatel (présidente de l'Association des maires), Jean-Louis Tourenne (président du Conseil général), Michel Cadot (préfet d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne), Joseph Ménard (président de la Chambre d’agriculture) et Joseph Gautier (président de la Safer).