
Les enjeux de la production d'œufs se déplacent de l'environnement de production (aliment et sanitaire) vers la poule elle-même. « Les enjeux physiologiques prennent de l'importance », souligne Lucien Roffidal, (Inzo). « Notre rôle consiste à mettre et à maintenir l'animal dans les conditions physiologiques lui permettant d'assurer au mieux sa production ». Probiotiques, prébiotiques, acifiants, huiles essentielles, enzymes… les candidats sont nombreux pour prendre le relais des anciens facteurs de croissance. Comment démontrer leurs mécanismes, les retours sur investissements ? Comment mesurer objectivement ce qui se passe au niveau de la flore intestinale ? « Il faut entrer dans l'animal pour en savoir plus sur son état et sur sa capacité à affronter son environnement », répond Lucien Roffidal. L'expérimentation animale évolue. « On ne teste plus un taux de méthionine par rapport à une masse d'œufs exportée. On teste des mécanismes renforçant la volaille, lui permettant de faire face aux enjeux ».
Digestibilité et résistance
La maîtrise de la flore est l'une des principales attentes des éleveurs. C'est précisément l'un des bénéfices du Bactocell, mis au point par Lallemand, déjà utilisé en volaille de chair et autorisé en pondeuse depuis décembre 2010. Bactocell agit sur l'intestin, sur le bien-être et les performances des pondeuses par 2 leviers : l'amélioration de la digestibilité et la résistance aux pathogènes. « Avec ce probiotique, les villosités de l'intestin grèle sont plus développées, ce qui accroît la surface d'absorption, les nutriments sont plus assimilés », explique Audrey Sacy, responsable technique Lallemand. Les sucres complexes sont réduits en sucres plus simples sous l'action des enzymes. Le Bactocell permet aux sucres simples non valorisés par l'animal d'être transformés en acide lactique très digestible. La résistance aux pathogènes est également améliorée car l'acide lactique provoque une baisse de pH localisée au niveau des villosités, créant ainsi un milieu favorable au développement des bactéries positives. Cette flore positive entre en compétition avec les pathogènes pour l'utilisation des nutriments.
L'effet probiotique
La flore est équilibrée et les conséquences zootechniques et sanitaires lors des passages de pathogènes sont réduites. « Bactocell n'est pas un outil de traitement, mais les nombreuses expériences de terrain sont motivantes dans les pathologies où sont présentes E. Coli, les salmonelles ou les brachyspires », précise Yannick Le Treut, responsable monogastrique Lallemand. L'action du probiotique conduit à une amélioration globale de la santé de l'animal se traduisant par une meilleure valorisation de la ration et des résultats zootechniques en hausse. Le taux de ponte est amélioré de 2 %, le poids d'œufs de 1,3 %, la masse d'œufs exportée de + 4 % et le pourcentage d'œufs déclassés diminue de moitié. « Le probiotique n'est pas la panacée, ce n'est pas non plus la seule solution face aux pathologies. Il fait partie de la boîte à outils pour gérer les agents pathogènes ». Patrick Bégos
Photo : L'effet du probiotique a été testé sur deux lots de 3 200 poules plein-air.