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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°12104 |
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Les robots ne craignent pas les vaches
 

Infatigables robots. Sur la ferme familiale des Johansson, à quelques encablures de Göteborg, un caisson chargé d’une ration mélangée circule jusqu’à dix fois par jour sur le rail fixé au-dessus de l’auge des vaches. De quoi aiguiser l’appétit du troupeau. À chaque passage, le mouvement et le léger bruit de la machine excitent l’appétit des laitières. Ainsi sont-elles promptes à quitter leurs confortables logettes matelassées pour venir manger une ration fraîche. « C’est bon pour la productivité. Les vaches se font traire plus souvent lorsqu’on augmente les distributions d’aliment », fait observer Patrik Johansson, installé avec son épouse, Elin, sur une exploitation laitière de 250 vaches. Cette exploitation inscrite sur la voie de l’automatisation « anticipe la sortie des quotas », disent sans détour les jeunes éleveurs de 37 et 35 ans. Sortie déjà bien amorcée si l’on en croit l’évolution du troupeau : 90 vaches il y a cinq ans, 250 aujourd’hui et 400 vaches après 2015. La stabulation de 320 places est déjà prévue pour accueillir les effectifs nourris à partir des fourrages produits sur 350 ha de SAU, entourés d’une propriété familiale de 300 ha de forêt.


7 à 10 distributions par jour


Des robots, il y en a en fait à tous les coins de la stabulation sur cette exploitation. En commençant par « l’arrière-cuisine », un vaste hangar où sont préparées les rations des laitières. Dans ce bâtiment s’alignent des caissons dans lesquels un automate vient prélever les aliments qu’il dirige par tapis vers la mélangeuse. Seule intervention humaine : programmer les distributions et remplir au tracteur les trémies de fourrages grossiers, concentrés, minéraux. Le robot fait le reste. Une fois chargé de sa ration homogénéisée et pesée, l’automate file vers la stabulation où il effectue imperturbablement ses 7 à 10 allers-retours par jour pour distribuer une ration au kg près. Au cœur de l’étable, quatre robots de traite tournent à plein régime 24 h/24, ne s’arrêtant que pour les opérations de lavage quotidien. Avec une ration équilibrée à 32 kg par jour, dont 20 kg permis par les fourrages, 2 000 litres de lait transitent quotidiennement par chaque robot. Direction un tank de quelques 20 000 litres, que la laiterie Arla vient collecter tous les deux jours avec un semi-remorque. « Des régulateurs électroniques sur les pompes à vide permettent de réaliser 30 % d’économie d’énergie », calcule Elin qui cite le coût de production hors main-d’œuvre : 270 € /1 000 litres.


Assurer un confort aux vaches


Le raclage de la stabulation est également confié à un robot qui ne se lasse pas de sillonner les caillebotis recouverts d’un tapis caoutchouc. Petite note de confort, les vaches goûtent au plaisir d’une brosse articulée qui couvre 60 % de leur surface corporelle. Une vraie source de bien-être pour ces vaches qui ne quittent la stabulation qu’aux mois d’été. « La réglementation oblige de sortir les vaches pendant 3 mois », note Elin non sans souligner que « cela entraîne du travail supplémentaire ». Mais au cœur de l’été, ce sont parfois les vaches qui décident de ne pas se prélasser dans les vertes prairies. Par fortes chaleurs, elles ont du mal à quitter les stabulations ombragées et bien ventilées. «  À partir de 20-25 °C à 70 % d’humidité, la vache ne se sent pas bien. Un cooling permet de maintenir la production, alors que sans intervention, la perte de production atteint 3 kg/VL/jour », assure Jonas Hällman, directeur du département robots de traite chez Delaval. À la mauvaise saison, c’est la lumière qui manque. Pour pallier le déficit naturel, dans ce pays du Nord où les nuits sont longues en hiver, les éleveurs ont installé des lampes qui délivrent 180 lux pendant 16 heures. « La luminosité idéale pour optimiser la production », commentent les éleveurs. Pour autant que toutes les taches répétitives sont exécutées par des automates, les éleveurs et leurs six employés ne chôment pas. Aujourd’hui, à défaut de travailler avec les bras, les éleveurs travaillent avec l’œil, aidés par un système de surveillance à distance sur ordinateur et de caméras. La surveillance, les soins aux animaux occupent en fait l’essentiel de l’emploi du temps. Dont une partie non négligeable du temps consacrée à l’infirmerie installée dans l’ancienne étable. « Il y a en moyenne 30 à 40 vaches ». Didier Le Du


 


Photo : Le robot  a permis de réduire le temps d’alimentation à une demi-heure par jour, contre 4 heures auparavant.







Le robot vétérinaire
Distribuer l’aliment, traire les vaches, racler la stabulation. Le robot sait aussi se faire vétérinaire. Chez Delaval, le navigateur de troupeau, déjà en service dans quelques élevages du Nord de l’Europe, analyse le lait (progestérone, leucocytes, etc.), mesure différents paramètres biologiques de la vache.  Ainsi établit-il le statut de reproduction de la vache (gestante ou pas), anticipe les pathologies qui s’annoncent… « Grâce à un bio-modèle, il permet d’alarmer l’éleveur trois jours avant l’apparition des signes cliniques ». Ce qui entraîne des protocoles de soins moins coûteux et des pertes de production moins importantes. On n’arrête pas le progrès…



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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 28 Juillet 2011
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