
Les crises agricoles, liées à la conjoncture ou à la hausse des coûts de revient, ont fait du tort. « L’année dernière s’est située dans le prolongement de 2009 en terme d’activité pour l’Atese », a présenté David Duguépéroux, le président, lors de l’assemblée générale de la structure le 30 juin. 155 dossiers ont été analysés en Comité technique en 2010, contre 147 en 2009 et 80 en 2008.
Particularité sur l’année dernière, la part des exploitations laitières dans les dossiers enfle à 80 %. « Le reflet de la conjoncture difficile », explique Fabrice Guérin, conseiller de l'Atèse. Par rapport à leur représentativité, les exploitations qui ont été les plus touchées sont celles présentant un quota de 150 à 300 000 L. Au-delà, les difficultés ont été un peu moindres.
Sujet d’étonnement pour les participants à l’assemblée, malgré la crise durable, le nombre d’élevages porcins demandant un soutien reste faible. Plusieurs hypothèses à cela : « Ces producteurs sont moins familiers des procédures. Et les problèmes sont peut-être davantage gérés par la filière. »
70 % des exploitations « redressables »
Axe fort et positif en 2010, dans les avis formulés par le Comité technique, 70 % des exploitations sont qualifiées comme « redressables », moins d’une sur cinq ne l’est pas. Les exploitations individuelles sont toujours majoritaires et plus d’1 agriculteur sur 5 est célibataire. Comme en 2009, « la tranche 40 – 50 ans reste la plus touchée : près d’un exploitant sur deux. » Les moins de 40 ans représentent 1 cas sur 4. Autre fait souligné par les responsables : « le taux d’endettement moyen progresse de 3,5 % (après + 7 % en 2009) pour atteindre 77 %. »
Dans le cadre du Dacs-Agri (Dispositif d’accompagnement de l’État), près de 1 950 demandes ont été déposées et plus de 600 audits ont été réalisés. « Globalement en 2010, 12,5 millions d’euros d’aides financières ont été injectées sur les exploitations d’Ille-et-Vilaine, sous forme d’aide directe, de prise en charge de cotisations, d’intérêts d’emprunts et de prêts de trésorerie », chiffre David Duguépéroux.
Sur 2011, les demandes d’appui sont en baisse, du fait du redressement de la conjoncture laitière. « Nous allons pouvoir renforcer notre mission de suivi d’exploitation sur plusieurs années, moins développée lors des crises. » Les responsables de l’Atese soulignent en outre l’importance de la formation, « pour avancer, échanger et lutter contre l’isolement. » Comme ils le constatent sur le terrain, « plus un agriculteur a de bagages avant l’installation, plus il échange en groupes, s’informe, plus il a de chance de réussir et de s’adapter dans un contexte qui ne cesse d’évoluer. Parmi les dossiers examinés, rares sont les producteurs qui adhérent à un groupe de réflexion ou de vulgarisation », note le président de l’Atese. Agnès Cussonneau
L’indispensable formation
C’est le thème de la formation qui a été développé lors de l’assemblée de l’Atese cette année, avec les interventions de Véronique Montabrie et Daniel Fournier, animatrice et représentant départemental Vivéa. Ce fonds d’assurance formation est alimenté par des actifs non salariés, chefs d’entreprise, collaborateurs, aides familiaux et cotisants de solidarité, des secteurs agricoles et de travaux forestiers, agricoles et du paysage. Grâce au financement des formations, Vivea accompagne ces derniers sur différents axes : conforter les emplois, améliorer la qualité de vie, accompagner les trajectoires professionnelles...
Légende photo : David Duguépéroux, président (à gauche), et Fabrice Guérin, conseiller.