Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
La vache informe le trayeur
 

Le nouveau produit informatique développé par la société AGID et commercialisé par Bretagne conseil élevage Ouest (BCEL Ouest), a été installé au Gaec des Landelles, à Plaine-Haute (22), il y a quelques mois. « Ce produit nous a intéressé, d’abord pour faciliter la transmission des informations d’un trayeur à l’autre », explique Denis Gourio, l’un des 4 associés du Gaec, plus particulièrement en charge de la gestion du troupeau.
La taille du troupeau, 140 vaches laitières, nécessite effectivement de la vigilance et un peu de rigueur dans la transmission des informations. C’est d’autant plus vrai que dans l’organisation du travail, tous les associés du Gaec ne sont pas des trayeurs réguliers. « L’un des associés n’est amené à traire qu’un dimanche par  mois dans le cadre de l’astreinte. Jusque là nous utilisions les  bracelets et un tableau de consignes manuel. Cela fonctionnait bien, mais compte tenu du nombre de vaches à traire, subsistait néanmoins un risque d’oubli, de mauvaise interprétation... »


Avec la boucle électronique


Concrètement, c’est la possibilité de disposer en salle de traite de beaucoup d’informations. Les vaches sont identifiées lors de leur entrée sur le quai. Elles sont toutes équipées de la nouvelle boucle électronique officielle munie d’une puce. Dès le passage devant une antenne, la boucle apposée sur l’oreille gauche de la vache est lue. Instantanément, le numéro correspondant s’affiche sur un grand écran disposé en fond de salle de traite. « Au départ, c’était seulement le numéro d’élevage à 4 chiffres. Cela ne nous convenait pas, car nous étions habitués à repérer nos animaux par leur numéro de travail, celui qui figure aussi sur le collier du DAC ». Désormais c’est le numéro de travail. Dans la saisie sur  l’ordinateur, l’éleveur fait tout simplement correspondre le numéro de travail au numéro d’élevage de l’animal. L’informatique fait le reste.
Dès que l’animal est identifié  l’éleveur peut prétendre disposer de plusieurs alertes. « Par exemple pour quelques-unes, j’ai introduit le mot lent qui clignote en vert. Ce qui permet à n’importe quel trayeur dans la fosse de donner la priorité à cette vache pour la pose de la griffe ». Pour celles fraîchement vêlées, ou celles qui ont subi un traitement, l’alerte « pot » se veut plus franche et apparaît en rouge. « Cela apporte du confort dans la transmission des informations ». Il peut aussi intervenir directement sur l’écran en salle de traite, à l’aide de la souris infrarouge, pour inscrire ou modifier une alerte, voire consulter plus d’information sur l’animal. Car le concept offre d’autres applications intéressantes, du fait notamment de liaison avec la base de données d’Agrael. « Je peux récupérer une alerte sur les vaches à tarir en fonction de la date d’IA ou de la mise au taureau, voire les possibles retours en chaleur… ». Là encore c’est l’éleveur qui programme ce qu’il veut voir apparaître. Le logiciel peut même aller au-delà sur l’ensemble des données d’élevage, comme la production, le niveau du comptage cellulaire Toutes les informations entrées seront à terme valorisées automatiquement dans le logiciel de gestion de troupeau.


Plus de sérénité


Denis Gourio se veut cependant prudent sur la multiplication des informations à faire apparaître à l’écran. « Trop d’information peut tuer l’information ». Il se limite donc pour le moment à l’essentiel afin justement d’éviter que cela devienne contre-productif. Et insiste sur le fait que le facteur humain n’en demeure pas moins déterminant, « car l’ordinateur et l’écran en salle de traite ne restituent que ce que l’on a bien voulu y introduire ». D’ailleurs pour les alertes essentielles, il joue la sécurité en apposant toujours le bracelet. « Un petit rappel pour éviter les erreurs liée à une inattention. C’est vite arrivé ».
Quant à l’investissement, environ 10 000 euros, il le justifie à la fois par la taille du troupeau, et par la nécessité de disposer d’outils sécurisant la transmission des informations. Au final, après quelques  mois d’utilisation, l’utilité est indiscutable. « On s’en passait avant, mais comme pour tous les éléments de confort, on apprécie. L’outil contribue à plus de sérénité ». Persuadé que l’outil trouvera rapidement d’autres applications. Les éleveurs le découvrent et ne manqueront pas d’en suggérer. Denis Gourio pense déjà  à l’association à une porte de tri pour isoler automatiquement des animaux en sortie de salle de traite. Pierre Dénès




Légende photo : En salle de traite le trayeur peut visualiser en permanence les alertes disponibles sur l’écran.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Juillet 2011
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