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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Légumes | Article n°12090 |
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Le combat contre les fausses échalotes repart
 

La véritable échalote se reconnaît notamment à sa stabilité génétique, sa multiplication végétative à partir du bulbe mère, son taux de matières sèches plus important que l’oignon, et son goût délicat. Depuis 1999, les producteurs français d’échalote traditionnelle dénoncent la mise sur le marché de produits concurrents issus de semis. « Ces variétés sont en fait des hybrides de lignées d’échalotes et d’oignons, hétérogènes, non stabilisés », situe Pierre Bihan-Poudec, président de la section « Échalotes traditionnelles ». Malgré cela, ces produits utilisent la dénomination « échalote » et sont vendus au même prix que la vraie, parfois en dessous.
C’est là que le bât blesse, car l’échalote traditionnelle est plus gourmande en main d’œuvre et présente une conduite culturale spécifique. Les variétés de semis peuvent être mécanisées et offrent donc une réduction des coûts de production de l’ordre de 30 %. « Elles représentent un grave préjudice pour les producteurs traditionnels et une tromperie pour les consommateurs. »


Plainte à Bruxelles


Le combat franchit aujourd’hui une nouvelle étape. Depuis 2005, l’inscription de variétés nouvelles d’échalotes aux catalogues nationaux puis européen est soumise à l’obligation de respecter un protocole technique. Les variétés sont testées sur deux années de cultures et doivent répondre à des critères qui ont été définis au niveau européen. « Or les trois dernières variétés inscrites par une société semencière néerlandaise ne rentrent pas dans ces critères : elles ne respectent pas la forte tendance à la division propre à l’échalote et devraient être classées en “oignon” au catalogue. »
Les producteurs français ont saisi, sur cette affaire, le ministère de l’agriculture, qui a remonté la fraude auprès des autorités hollandaises et de Bruxelles. « Nous demandons des compensations à hauteur du préjudice. » Les producteurs souhaitent aussi que soient interdites immédiatement les variétés et produits de semis déjà commercialisés. Représentant 20 000 tonnes, ces produits sont en concurrence directe avec l’échalote traditionnelle, dont 80 % sont produits en France. À eux seuls, les 500 producteurs bretons commercialisent 30 000 t d’échalotes sur les 45 000 t françaises.
« Nous souhaitons maintenir cette culture qui fait partie du patrimoine français. » Depuis 2007, les producteurs ont d’ailleurs entrepris une démarche de reconnaissance européenne : la STG (Spécialité traditionnelle garantie) qui permettra une différenciation des produits élargie au marché européen. Agnès Cussonneau



Beaucoup de main d’œuvre
Légumier à Taulé (29), en EARL avec son père, Thomas Kerrien produit des échalotes sur 5,5 ha (variétés Longor et Arvro). « En janvier – février, les bulbes sont plantés à la main pour que le plateau racinaire soit en contact avec le sol. Nous embauchons alors une quinzaine de saisonniers. Pour l’arrachage - 100 à 120 t récoltées sur trois semaines en juillet -, le même nombre de personnes est employé », soulève le légumier qui est en 2e année de conversion bio.
Pour mieux maîtriser la conservation, moins aisée en bio, il a fait installer un système de refroidissement sur les silos, qui sont en ventilation par le dessous. Un investissement de 45 000 euros, isolation comprise. En bio, la valorisation est généralement meilleure : « Elle tient compte du risque de culture plus grand, surtout dû au mildiou. Certaines années, les rendements peuvent chuter de 60 à 70 %. » L’an passé, le prix était de 1,70 euro/kg en moyenne en bio, contre 1,05 euro en conventionnel. » Mais sur ce légume, les prix sont excessivement variables d’une année sur l’autre.
Du fait du manque d’eau cette année, le producteur a irrigué une partie de ses échalotes. Les parcelles non arrosées affichent 15 % de rendement en moins. Sur les 30 ha de SAU, 18 ha peuvent être passés au chariot d’irrigation, via des canalisations enterrées. Deuxième grosse culture de l’exploitation (quinzaine d’ha), l’artichaut Violet est structurant pour le sol et compatible avec l’échalote pour les rotations. Les productions de l’EARL sont diversifiées : brocoli, chou pomme, tomate, mâche, pomme de terre et champignon (non bio). 12 à 13 ha de céréales entrent dans les rotations et du fumier composté complète l’apport de matière organique.



Un cadran « new look » pour l’échalote
C’est un nouveau mode de commercialisation que développent depuis le 8 juin les producteurs bretons d’échalotes : la vente télématique. Les légumiers saisissent sur Internet les volumes à vendre et les prix minimum qu’ils souhaitent. Ces derniers ne sont pas accessibles à la petite vingtaine de négociants qui peuvent acheter les produits deux fois par semaine pendant une demi-heure. Les produits ne sont vendus que si l’offre dépasse le prix souhaité par le producteur. « C’est un moyen de confronter offre et demande, un peu comme pour le cadran », précise Pierre Bihan-Poudec.




Légende photo : Chaque année, Thomas Kerrien embauche une quinzaine de saisonniers aux plantations d’échalotes, ainsi que pour leur récolte.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Juillet 2011
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