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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°12079 |
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Exporter en Chine
 

430 000 entreprises étrangères sont implantées en Chine, pays au 1,4 milliard d’habitants. Des opportunités existent certes dans un marché en pleine croissance, mais le choc des cultures, la barrière de la langue, les écarts très importants entre les populations demandent un investissement conséquent et un accompagnement.


Être groupés


Depuis trois ans, Philippe Lecouvey, directeur de l’Ifip (Institut du porc), coordonne la mise en place d’une filière porcine au sud de Pékin. 13 entreprises françaises regroupées, travaillant dans l’équipement, l’aliment, la génétique participent à cette conquête commerciale qui a abouti à l’envoi récent de 800 reproductrices. Le projet inclut également une usine d’aliment et un centre d’insémination avec laboratoire. « Des prestations qui ont été facturées chères. L’étude de faisabilité a également été payée par l’investisseur privé chinois, auparavant présent dans l’immobilier », a précisé Philippe Lecouvey, lors de l’assemblée générale du Cer France Ille-et-Vilaine. « L’agriculture est un axe stratégique inclus dans le 12e plan quinquennal chinois, avec une priorité donnée à la sécurité alimentaire. » Le directeur de l’Ifip, qui se rend régulièrement dans ce pays depuis 1994, ajoute : « Les Chinois préfèrent n’avoir qu’un seul interlocuteur qui va rassembler les compétences et donner une caution au projet. Les autorités publiques sont également associées. » La prochaine étape sera de pouvoir exprimer les performances des porcs : « La formation des hommes devra suivre si l’on souhaite que les ventes soient durables. » Si 50 % des porcs de la planète sont en Chine, leur élevage est pour le moment dispatché à l’extrême : 1, 2 ou 3 cochons par ferme. Des changements vont s’opérer dans un futur proche.


Nouer des relations de confiance


Autre intervenant invité par le CER, Bertrand Trepo travaille également l’export sur la Chine, pour le compte de l’entreprise familiale de champagne (Trepo-Leriguier). Le choix de s’orienter sur ce marché - ainsi que sur les Émirats Arabes Unis - a été fait en 2009. « Aujourd’hui, nous vendons 40 000 bouteilles sur un peu plus de 100 000 produites sur l’exploitation », chiffre-t-il. À ses yeux aussi, l’accompagnement est très important : « Je me suis notamment appuyé sur le réseau UbiFrance pour sélectionner des importateurs fiables. C’est une meilleure assurance de paiement. Ce sont les importateurs qui gèrent les démarches administratives. Ils s’occupent même de venir chercher les bouteilles sur l’exploitation. » Il souligne également l’importance du relationnel dans ce pays où vie privée et business se rejoignent. Aux éleveurs français qui pourraient considérer les transferts de technologies préjudiciables, Philippe Lecouvey répond que d’autres pays, comme le Canada, les Pays-Bas, le Danemark... sont déjà présents là-bas. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas les référents pour les Chinois qui préfèrent les États-Unis et l’Australie à l’Europe. » Alors que la France est plutôt moyenne en commerce extérieur, exporter son savoir-faire serait donc plutôt pertinent. Agnès Cussonneau




Photo : Philippe Lecouvey, directeur de l’Ifip - Institut du porc (à droite) et Bertrand Trepo, producteur de champagne.







Limites en SAU, environnement...
Devenue 2e mondiale en PIB, la Chine a aussi ses limites. Les zones de développement ne sont pas pléthoriques. Le territoire ne compte que 7 % des terres cultivables pour 20 % de la population mondiale. « En terme de revenu par habitant, la Chine est 100e. L’accroître est une priorité pour les habitants. » Autre problème majeur : l’environnement, avec un air pollué dans la plupart des grosses villes, le quart des eaux impropres même pour l’industrie, l’érosion intense des terres... « Mais la réactivité y est forte. » Et après l’enrichissement du pays, une croissance plus durable perce.



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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Juillet 2011
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