Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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«L'agronomie au centre de notre démarche»
 

« Pour les deux tiers des surfaces en culture, nous ne labourons pas les terres », explique Benoît  Bernard. Il exploite avec son père Hervé, à Tréfumel (22), 82 ha SAU, 2 200 m2 de poulailler et 750 places d'engraissement de porc. Progressivement, ils ont évolué vers le non-labour, la réduction des phytos et l'utilisation du lisier sur céréales, plaçant ainsi l'agronomie au cœur de leur réflexion. Ils ont ouvert leurs portes dans le cadre d'Innov'Action, organisé par la Chambre d'Agriculture 22. « Mon père a commencé le non-labour, il y a 20 ans. La reprise des terres à maïs était difficile, en raison du sol argileux. Il a démarré avec un chisel à 7 dents. Actuellement, nous utilisons un canadien, au plus près du semis, (vers le mi-avril), pour enfouir le lisier de porc et le fumier de volailles ». Le maïs est semé avec un combiné herse rotative et semoir à disques de la Cuma de Plouasne.


Pas de matériel spécifique non-labour


Le semis du colza est précédé d'un déchaumage, sitôt la récolte, (déchaumeur à disques). « Avec ce matériel ancien, on enfouit le lisier avec 2 à 3 passages puis on passe un canadien à 13 dents, à 10-15 cm si nécessaire, en évitant de remonter les mottes ». L'orge est implantée après blé avec déchaumage et passage de canadien, juste avant le semis (herse rotative et semoir à bottes). Le blé est la seule culture où les parcelles sont labourées. Il est implanté après maïs grain. « Malgré un broyage des canes, le semoir à bottes n'est pas très efficace. Comme je n'ai pas de semoir à disques, je préfère labourer ». Un essai sera encore réalisé cette année avec le semoir à bottes, sans labour. « Afin de maîtriser nos charges, nous n'avons pas de matériel spécifique pour le non-labour. Nous nous servons du matériel de l'exploitation : déchaumeur à disques, canadien et parfois le chisel. Et les deux tracteurs de 120 cv ont chacun 10 ans ».


Moins de tempset de gazole


Le non-labour permet d'abord de gagner du temps. « Pour labourer 1 ha de terre argileuse, il nous faudrait plus d'1 heure et faire encore 2 passages de herse rotative, contre moins de 30 minutes pour le passage de canadien. La levée est meilleure, il n'y a pas de problèmes de limaces ». Les rendements sont satisfaisants 80 à 85 q/ha en blé et orge, 35-40 q en colza et 95 à 100 q secs en maïs (irrigué). « Le non-labour permet aussi une économie de gazole (non chiffrée) et moins d'usure d'outils. La structure du sol est meilleure et la matière organique se dégrade mieux dans l'horizon 0-15 cm », estime Benoît. L'eau circule mieux dans le sol. « J'essaie aussi de travailler dans les conditions les plus favorables possible pour les récoltes et l'épandage de lisier ». Le couvert est détruit avec 1,5 L/ha de glyphosate, à la mi-mars, afin de limiter la matière verte (avoine diploïde et phacélie) et les repousses de colza. « J'ai le choix de traiter au glyphosate ou de faire 2 à 3 passages d'outils et de consommer du carburant. J'ai choisi le traitement chimique ». Sur céréales, il n'y a pas de souci particulier de désherbage, les terres sont propres.


Bineuse sur maïs


Hervé et Benoît ont acheté une bineuse en 2009. Sur les 25 ha de maïs, ils effectuent un traitement chimique en plein en post-levée, au stade 4-6 feuilles, puis un passage de bineuse, à vitesse élevée, avant que le maïs ne recouvre le sol. C'est une bineuse simple à 4 rangs, guidée par 2 disques qui entrent dans le sol. « La bineuse ne dévie pas de sa trajectoire, si le semis est effectué en rangs droits », estime Benoît. « Il y a très peu de pertes en bout de champs ». Le débit de chantier est d'1,5 ha/heure. « Il faut chercher la fenêtre idéale pour ce passage et accepter que la culture soit un peu moins propre, sur le rang », confie Benoît. « Je veille également aux endroits où il peut y avoir du liseron en effectuant un traitement spécifique avant passage de la bineuse ». La bineuse doit s'amortir en moins de 5 ans (coût de 4 000 €, subvention de 40 % PVE) avec l'économie d'un herbicide (1 000 €/an). « Avec un passage de bineuse, la plante résiste mieux au stress hydrique car l'eau s'infiltre bien, la minéralisation est meilleure. J'économise un demi-tour d'eau en irrigation ».


Parcellaire groupé


Le parcellaire groupé (noyau de 60 ha autour de la ferme) apporte un confort de travail, une réduction de la charge de gazole et un gain de temps. « Il a permis de mettre en place l'irrigation depuis 1988-89 sur 80 % de la surface. C'est aussi une sécurisation du rendement. Avec 2 tours d'eau par an, on optimise l'azote à 100 %, on garantit un rendement de maïs supérieur à 90 q/ha secs, pour un coût de fonctionnement de l'ordre de 25 €/ha. Sans irrigation, nos rendements seraient à 60 q/ha ».  Patrick Bégos


 


Photo : Pour réduire les charges, Benoît Bernard et son père Hervé, ont évolué vers le non-labour avec leur propre matériel et l'aide complémentaire de la Cuma pour l'épandage et les traitements.







Bonne répartition du lisier
Le lisier est épandu par la Cuma avec une tonne de 20 m3, multibuses d'une largeur de 24 m, équipée en DPAE. «La précision de ce matériel me permet d'épandre du lisier sur une partie des céréales  (20 ha sur 35 ha). Le lisier est ainsi mieux réparti sur l'ensemble des cultures (blé, colza, maïs), faisant l'effet d'un engrais complet. Auparavant on épandait uniquement sur maïs, sans utiliser la totalité du volume disponible».  Le parcellaire groupé permet un bon débit de chantier (70 m3/heure).



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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Juillet 2011
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