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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°12077 |
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Le bois-plaquette apporte sa chaleur aux poulets
 

« Je me suis installé en 1992 avec un poulailler de 1 500 m2 à extraction haute. J'ai construit un second de 1 500 m2 en 1994 (ventilation Britannia). » Aujourdhui, à Loguivy-Plougras, Jean-Luc Le Gall et son épouse Françoise Morvan exploitent 3 000 m2 en poulets lourds Princior, en partenariat avec Glon-Sanders. Un projet de troisième poulailler de 1 200 m2 est en cours d'instruction. « La consommation de gaz s'élevait à 19,2 t/an. Nous sommes entourés d'un bocage dense. Depuis 4-5 ans, je voulais valoriser cette ressource énergétique, confie Jean-Luc. Je suis persuadé que la maîtrise de l'énergie est l'un des enjeux pour l'avenir de la filière volailles. Je me suis équipé d'une chaudière à plaquettes en 2009. »  L’exploitation a ouvert ses portes dans le cadre d’Innov’action.


60 t/an de plaquettes


Pour 3 000 m2 de poulaillers, les besoins s'élèvent à 60 t de plaquettes par an, soit 250 m3 (30 m3 par lot d'été et 60 m3 par lot d'hiver). Deux tiers du bois est produit sur l'exploitation, l'autre tiers est acheté à un voisin. Le broyage est effectué par entreprise spécialisée (S. Le Bihan). « Le prix de revient (abattage, broyage, séchage) s'élève à 50 €/t pour le bois de l'exploitation et 80 €/t pour le bois acheté. Soit une charge totale de 3 600 €/an », estime Jean-Luc. Les plaquettes sont séchées durant 5 à 6 mois sur l'exploitation. La chaudière Veto de 300 kW a été choisie pour sa simplicité (très peu d'électronique). Par un réseau souterrain, l'eau chaude est acheminée aux 6 aérothermes (50 kW) des 2 poulaillers, sur le même principe qu'un chauffage central. « Dans un élevage, on n'a pas droit à l'erreur, déclare Jean-Luc. Pour bénéficier de la réduction de la cotisation d'assurance, j'ai enlevé les radiants gaz des poulaillers. L'alarme est branchée directement sur la chaudière et non sur le poulailler, afin d'être prévenu au plus vite. »


Un suivi journalier


« J'approvisionne en plaquettes un silo intermédiaire de 20 à 30 m3, à proximité de la chaudière (2 fois en lot d'été et 4 à 5 en lots d'hiver). » Un désileur à pâles souples dans le fond du silo, puis une vis de gros diamètre acheminent les plaquettes à la chaudière, de manière automatique, selon les besoins. Une cheminée de 12 m de haut et d'un diamètre de 300 mm évacue les fumées. Il n'y a pas de ventilateur d'extraction, le tirage naturel suffit. Le bon fonctionnement dépend du taux d'humidité des plaquettes qui ne doit pas dépasser 25 %. L'eau est chauffée dans les échangeurs tubulaires.
Elle est stockée dans un ballon-tampon de 3 000 L La chaudière est allumée toute l'année. Même s'il n'y a pas de besoin de chaleur, le corps de chauffe est maintenu à 80 °C. Le ballon tampon régule ensuite les besoins. « Il faut une présence humaine et un suivi journalier de la chaudière, matin et soir, » déclare Jean-Luc. Il prévoit également une demi-journée de ramonage par an.


14 000 €/an


L'investissement s'est élevé à 118 000 € dont 75 000 pour la chaudière, la cheminée, le ballon, 22 000 € pour les aérothermes et 12 000 pour le réseau de chaleur. Une subvention de 22 930 € a été versée dans le cadre du Plan bois énergie, soit un coût réel de 95 000 €. La charge d'annuité est de 10 385 € pendant 8 ans. Il faut y rajouter 3 600 € pour les plaquettes. Le coût global annuel est donc de 14 000 €, ce qui représente 16,5 t de gaz à 850 €/t. La chaudière étant légèrement surdimensionnée, elle pourra chauffer le nouveau poulailler de 1 200 m2 en cours d'instruction.


Plus de chaleur


« L'ambiance est très bonne dans les poulaillers et il n'y a pas de risque de monoxyde de carbone, déclare Jean-Luc. Je n'hésite pas à chauffer davantage et plus longtemps qu'avant, notamment la nuit. » Le gain de marge PA est difficile à chiffrer, compte tenu d'autres modifications (souches…). Il pourrait être de l'ordre d'1 €/m2/lot. Le principal intérêt est d'être autonome en énergie, de ne plus être tributaire de la variation du prix du gaz. Au bout de 8 ans, en fin d'emprunt, le coût de fonctionnement sera limité aux plaquettes,  soit en valeur actuelle 3 600 €/an, l'équivalent de 4 t de gaz. Patrick Bégos


 


Photo : Deux tiers du bois provient de l’exploitation.







Plan de gestion du bocage
Une première expérience de broyage du bois après passage du lamier n'a pas été concluante, car trop laborieuse par rapport au volume de plaquettes. C'est donc du bois de haie, de taillis, de fond de vallée qui est abattu, après sélection du bois d'œuvre et sans faire une coupe rase. Comme dans une prairie, ce bois repousse. La démarche de gestion du bocage est faite dans le cadre de l'Association de la Vallée du Léguer, avec un état des lieux des essences et des propositions d'entretien des haies, sur 5 ans. Le bois est une source d'énergie à la porte de l’élevage.  



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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Juillet 2011
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