
La mise aux normes bien-être impose parfois de pousser un peu les murs. Jean-Luc Le Bouder, à la tête d’un élevage de 600 truies, conduit à la semaine, a préféré supprimer des animaux improductifs. Exit les cochettes livrées à la sortie des engraissements, après le tri dans leur élevage de multiplication. Elles arrivent désormais confirmées pleines, à 270 jours d’âge, gestantes de 5 semaines, par lots de 10 tous les 15 jours. « Elles sont vaccinées, inséminées et échographiées dans un élevage spécialisé où elles restent 120 jours. Pour moi, c’est une baisse de charge de travail ». Pour autant, l’étape de la quarantaine n’est pas supprimée. Elles en sortent une semaine avant la mise-bas pour entrer directement en maternité. « De 25 truies par semaine à la mise bas (sevrage à 28 jours), les bandes sont passées à 30 (sevrage à 21 jours), sans augmenter l’effectif global de reproducteurs présents sur l’élevage ». 50 à 70 porcelets sevrés en plus par bandes. 18 % de porcs vendus en plus, au final. « 12 à 13 % sont liés à l’augmentation du nombre de truies productives. 5 % au changement de conduite ».
Meilleure immunité
L’éleveur ne craint pas la détérioration de l’aspect sanitaire. « Les animaux arrivent avec une meilleure immunité. L’adaptation ne pose aucun problème. Au contraire, j’enregistre une baisse des frais vétérinaires ». Aucun protocole particulier n’est suivi en quarantaine. « Je ne donne plus de déjections aux cochettes comme auparavant ». Rien de spécial non plus au niveau alimentaire. Les 18 000 porcs vendus dans l’année plaident pour sa méthode. « C’est une possibilité supplémentaire pour les éleveurs, en fonction de leurs besoins ». Les éleveurs qui pratiquent de la sorte en sont satisfaits, selon Xavier Rouillé, directeur de France Gènes. La méthode part d’une réflexion collective pour rechercher des leviers de productivité. 3 000 animaux sont ainsi commercialisés chaque année par l’organisme de sélection, à un prix aux alentours de 500 €. Bernard Laurent
Photo : L’achat de cochettes gestantes permet un gain de places.
La nouvelle truie Maxya
Depuis le premier janvier 2011, France Gènes, adossé à Hendrix Genetics, n° 2 mondial de la génétique porcine, est devenu producteur et distributeur officiel et exclusif de la truie Maxya au niveau national. Maxya est issue du croisement de la lignée Landrace France Gènes et de la lignée Large White Hypor. L’organisme de sélection met en avant sa capacité à sevrer des porcelets, l’amélioration des venues en chaleur, la qualité des aplombs et l’augmentation de la croissance des issus qui, couplé à une meilleure efficacité alimentaire, permettrait d’augmenter de 10 % la production de viande au m2. La diminution du gabarit, en adulte, est un autre de ses avantages.