
La règlementation sanitaire, qui s’applique essentiellement aux élevages avicoles conven-
tionnels, concerne de plus en plus les élevages de volailles « plein air » en vente directe, dont le nombre est en augmentation. Depuis quelques mois, les éleveurs vivent dans la hantise d’un contrôle positif en salmonelles. Contrairement à leurs collègues conventionnels qui conduisent en tout vide tout plein, ils élèvent plusieurs bandes au même moment, de tous âges. Un contrôle positif exigerait de vider l’élevage pendant une période définie. Autant dire un arrêt de mort de l’activité.
Sas sanitaires
Patrick Mille, président du Cnada (Comité national d’action de défense des aviculteurs plein air), éleveur dans le Sud Ouest, tente d’assouplir la règlementation en haut lieu. Avec quelques résultats. « L’aménagement d’un sas sanitaire par bâtiment permettrait, en cas de contrôle positif d’un lot, de n’abattre que ce lot ». Encore faut-il que les parcours ne soient plus contigus, que des pédiluves soient installés devant chaque entrée de parcours et de bâtiments, et qu’un changement de chaussures soit réalisé entre chaque intervention dans des lots différents. Des mesures qui sont sensées limiter les contaminations entre lots mais qui paraissent difficiles à appliquer en élevage plein air, avec de nombreuses petites bandes multiespèces. « Il n’y a pourtant aucun enjeu sanitaire », dénoncent les éleveurs, réunis en assemblée générale lundi 27 juin à Kerguehennec. « Les salmonelles ne peuvent en aucun cas se retrouver dans la viande cuite ».
La règlementation stipule que toutes les 8 semaines, un contrôle sanitaire (recherche de salmonelles dans les fientes) doit être réalisé par l’éleveur. Un contrôle officiel est, en plus, effectué chaque année par les services vétérinaires. « On en trouvera et il faudra fermer des élevages », se désolent les aviculteurs qui, contrairement à leurs collègues conventionnels, ne sont pas concernés par les exigences de l’exportation. « Nous demandons des dérogations. On veut, de plus en plus, nous faire travailler dans des milieux stériles. Ce n’est pas possible ». La vaccination n’étant pas acceptée par la règlementation, les éleveurs devront encore se battre pour obtenir les assouplissements espérés.
Bernard Laurent
Légende photo : Les éleveurs de volailles « plein air » dénoncent le manque de fondement sanitaire de la règlementation. Patrick Mille, à gauche, était invité par Gilles Le Falher, président de l’association des producteurs de volailles vente directe du 56 pour débattre avec les adhérents.