
Dans le cadre du programme agricole sur les bassins versants du Leff et du Trieux, le SMEGA (Syndicat mixte environnemental du Goëlo et de l’Argoat) souhaite promouvoir les différents outils de désherbage mécanique permettant de limiter l’usage des herbicides. Cette année une dizaine d’agriculteurs volontaires teste le désherbage mécanique du maïs sur les communes de Goudelin, Plouisy, Pommerit-le-Vicomte, Squiffiec, Ploumagoar, Le Merzer, Grâces.
12 parcelles sont suivies chez 11 agriculteurs, dont 2 en précédent maïs, 4 en précédent céréales, 5 en précédent prairie. Soit au total une quarantaine d’ha sur lesquels l’itinéraire testé dans la majorité des cas a été 2 passages de houe et 1 passage de bineuse. Sur 12 parcelles, 8 ont été rattrapées en chimique. Le climat (3 parcelles), les rotations courtes (3 parcelles) et le semis précoce du maïs (3 parcelles) ont favorisé le développement des adventices à des stades clés et ont contraint les agriculteurs concernés à rattraper chimiquement leurs parcelles. Une préparation insuffisante du sol (faux semis, limitation des mottes par roulage) a également pu favoriser la levée d’adventices.
Le nécessaire rattrapage chimique
Malgré la volonté de limiter au maximum le recours au désherbage chimique, la combinaison du désherbage mécanique (1 à 2 passages selon le nombre d’outils mécaniques utilisé) et du désherbage chimique (1 passage à dose réduite) semble donc être la solution la plus adaptée dans un premier temps pour les exploitations en système conventionnel. Ce désherbage mixte permet notamment de maîtriser le salissement sur le rang de maïs.
Concernant les exploitations biologiques, la donne est différente, puisque l’utilisation du désherbage chimique est proscrite. 3 à 4 passages minimum (suivant le climat) avec au moins deux matériels différents (ex : houe rotative et bineuse) sont nécessaires pour une bonne efficacité du désherbage.
Ce bilan de l’action à mi-parcours montre que pour réussir la stratégie de désherbage mécanique et limiter au maximum le recours aux herbicides, quelques éléments ressortent. Ainsi des rotations longues et diversifiées permettent de limiter le nombre de mauvaises herbes. Dans la mesure du possible, le choix des parcelles adaptées avec peu de cailloux, nivelées est aussi à privilégier. Dans la stratégie de désherbage, un suivi régulier des parcelles permet d’intervenir au bon moment et de choisir le matériel adapté en fonction du stade de développement du maïs et des mauvaises herbes (exemple : 2 passages de houe, 1 passage de bineuse). Les contraintes climatiques (pluie) imposent aussi d’essayer de travailler en anticipation.
À la fin de l’action, un bilan et une évaluation économique des différents itinéraires sera réalisée.
Contact : Jérôme Petitpas au 02 96 58 29 74 ou 06 70 66 46 92), jerome.petitpas@smega.fr
Légende photo : Un suivi régulier des parcelles permet de choisir le matériel adapté.