
L’entreprise d’insertion, « Le jardin de Keribet », a été portée à la fois par Martine Kerlaouézo, disposant d’une double compétence dans le maraîchage et dans l’insertion, et une association regroupant près de 120 adhérents, présidée par Yves Le Mer. Une action concertée avec les élus de la commune et de l’agglomération.
« Ici à Noël, il n’y avait rien », commente le président en présentant sur le site de 2 ha 50 les cultures. Trois tunnels ont ainsi été montés, le premier par les bénévoles pour permettre le démarrage, et les deux autres par les salariés. Ils sont aujourd’hui en pleine production. Et, depuis début avril, la distribution de paniers a commencé. « Nous sommes désormais à 80 paniers, mais le potentiel est de 120 à 150 paniers ». Il s’agit de légumes produits selon les principes de l’agriculture biologique. L’objectif étant d’assurer une diversité de produits adaptés à chaque saison : laitues, mâche, courgettes, concombres, tomates, poireaux, pommes de terre, , fèves, navets, pois, haricots, poivrons … et à l’avenir aussi quelques petits fruits.
Une dimension sociale
Outre Martine Kerlaouézo, responsable du site, Gwen Créhen l’accompagne pour l’encadrement technique des 4 salariés qui sont actuellement dans le dispositif d’insertion.
« Ils ont trouvé ici un nouveau point d’ancrage », insiste Yves Le Mer. Car pour lui cette dimension sociale est la plus importante. Il estime que ce projet concorde aussi avec la démarche de développement durable inscrit dans l’agenda 21 de l’agglomération briochine : lutte contre le réchauffement climatique au travers des circuits courts, la cohésion sociale, la biodiversité.
Le président de l’association a cependant mis en évidence les difficultés administratives et de coordination pour la conduite d’un tel projet : multiplication des interlocuteurs, interdépendance des décisions. D’autant qu’il s’agit à la fois d’un projet de maraîchage bio, avec donc des partenaires et des administrations liées à l’agriculture, et d’une entreprise d’insertion avec d’autres contraintes spécifiques à ce type de projet. Sans oublier les aspects financiers, car la dimension économique doit aussi être prise en compte. « Il faut s’assurer d’une trésorerie suffisante, parfois attendre des aides aux emplois, des remboursements de TVA… » Gilbert Gaspaillard, maire de Pordic et Michel Lesage, président de Saint Brieuc agglomération ont tenu a rassurer sur l’accompagnement des collectivités pour assurer la pérennité du projet. Quoi qu’il en soit, le projet est désormais sur les rails, et en passe d’atteindre ses objectifs. Pierre Dénès
Légende photo : Les serres ont commencé à donner leur premiers légumes depuis le début avril.