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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°12051 |
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Côtes d'Armor (22)
Géotexia, la détermination des hommes sur leur territoire
 

Le point d’orgue de la semaine consacrée aux Premières rencontres énergies et territoires ruraux dans le Mené aura sans conteste été l’inauguration de l’unité de méthanisation de Géotexia à Saint Gilles du Mené. L’aboutissement de 12 années du combat de la Cuma Mené énergies, initiatrice du projet.
« Un projet à  l’origine considéré comme complètement utopique », reconnaît Dominique Rocaboy, président de Géotexia. C’est d’ailleurs à lui que tous les acteurs présents, partenaires ou élus, ont rendu un hommage appuyé. Il a su faire preuve d’audace et de ténacité pour surmonter tous les obstacles. Il a su fédérer. Avec lui, une trentaine d’éleveurs ont engagé du capital (500 000 euros soit 34 % est détenu  par la Cuma), trouvé un partenaire industriel fiable (Idex qui détient 32 % des parts), élaboré le montage financier (la caisse des dépôts et consignation détient 34 % des parts), sans lequel la mise en œuvre du projet devenait impossible.


Porté par le territoire


Les partenaires institutionnels (Conseil général, Conseil régional, Ademe, Feder ont aussi apporté leur soutien (subventions ou garanties bancaires).
En dehors de la qualité du projet technique qui va permettre de valoriser la biomasse, en électricité, chaleur et fertilisant, tous les acteurs ont mis en exergue le projet de territoire. Jacky Aignel, vice-président de la communauté de communes en charge des énergies reprenait en conclusion des 3 jours de travaux une phrase symbolique de Paul Houé, « une marmite commence toujours à bouillir par le fond ». Ce qui résume parfaitement que les projets ne peuvent émerger que s’ils sont pensés, portés et aboutis par les gens du terrain.
Pour autant, ce dossier des énergies renouvelables est très politique. Michel Cadot, préfet de région l’a rappelé, « la Bretagne a une fragilité forte dans son rapport à l’énergie ». Il souligne que si la France dépend à 80 % du nucléaire, en Bretagne c’est beaucoup plus, 92 %. C’est d’ailleurs ce qui a conduit à l’élaboration du pacte électrique régional qui s’articule autour de 3 axes : les économies d’énergies ; le développement de toutes les filières d’énergies renouvelables : éolien terrestre et offshore posé et flottant, énergies marines, photovoltaïque, biomasse… ; la sécurisation de l’approvisionnement. La difficulté étant de passer à l’acte. Il reconnaît que quand le territoire se mobilise, les choses avancent, mais que la démarche individuelle est plus compliquée.


Volonté politique et citoyenne


Michel Morin, vice-président du Conseil régional, partage cette ambition du pacte électrique breton. Mais insiste aussi sur le fait que le développement des énergies renouvelables ne peut se faire que dans un cadre politique défini par l’État. Il prend l’exemple du photovoltaïque qui s’est développé lorsque les prix de rachat de l’électricité étaient intéressants, et qui a connu un coup d’arrêt brutal dès lors qu’il y a eu une forte baisse des tarifs.
Au-delà des bonnes intentions, il paraît évident qu’il y a loin entre passer d’une expérience pilote à une généralisation au niveau d’une région, d’un pays. Les verrous politiques, réglementaires, financiers ne sautent pas si facilement. Et si  comme le soulignait Claudy Lebreton, président du Conseil général, « chaud partisan de la sortie du nucléaire dans un délai de 25 à 30 ans », il faut croire en la force de la prise en charge par les acteurs territoriaux, l’opinion publique doit encore évoluer. Car dans ce domaine comme dans d’autres, il y a souventun abîme entre les déclarations d’intentions citoyennes et la réalité des comportements. Pierre Dénès



Energie électrique et thermique et fertilisants
L’unité Géotexia fonctionne depuis quelques semaines et doit traiter 38 000 tonnes de lisier, 1 000 tonnes de fientes de volailles, 25 000 tonnes de boues physico-chimique et de graisses de flottaison … Elle va produire 5,7 millions de m3 de biogaz qui va servir de carburant à un moteur de production d’électricité pour une production de 13 800 mégawatts /heure. L’unité produit aussi de la chaleur, environ 14 400 mégawatts /heure thermiques. Elle est utilisée pour partie sur le site et à l’avenir devrait alimenter des serres en projet à proximité . Le digestat est séché avant d’être exporté comme fertilisant. La fraction liquide subit un traitement par ultra filtration. L’eau est stockée pour ensuite irriguer 14 ha de saules courtes rotations pour la production de bois plaquette pour la filière bois énergie locale.





Légende photo : Paul Houé, sociologue, ancien maire de Saint-Gilles du Mené, invité à coupé le ruban de l’inauguration de Géotexia.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Juillet 2011
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