
Avec 113 000 t de volailles produites en 2010, UKL-Arrée a subi une légère baisse de ses volumes en 2010 (- 4 %). La production de poulets devient majoritaire chez les adhérents de la coopérative (51 % des tonnages contre 44 % pour la dinde).
2010 a également été l'année de mise en route du couvoir du Sourn, près de Pontivy, un démarrage « laborieux » pour une activité nouvelle de la coopérative. 42 millions d'œufs à couver de poules ont été incubés l'an dernier. « La capacité du couvoir est portée à 1,1 million d'OAC par semaine pour assurer 90 % des besoins d'UKL-Arrée et proposer l'incubation pour d'autres groupes partenaires », précise le directeur Gwénaël Tanguy. « Le couvoir de Limerzel voit aussi le retour du caneton. »
Répercuter les coûts
Pour le président Guy Hellégouarc'h, la recherche de la compétitivité est une voie incontournable. « En volaille, compétitivité ne signifie pas prix bas. Nous ne serons jamais compétitif avec les pays émergents sur le seul critère du prix, mais nous avons d'autres atouts. La sécurité alimentaire et la qualité des produits doivent nous permettre de nous démarquer de nos concurrents. »
En volailles, l'augmentation du coût des matières premières se répercute directement dans les comptes des industriels, compte tenu des contrats. « Les abattoirs et les transformateurs souffrent. Ils n'ont pu répercuter aux distributeurs que la moitié de l'impact de la hausse du coût alimentaire. » Pour le président, « la contractualisation avicole n'est ni une panacée ni une catastrophe. Notre système vit. Il faudrait intégrer dans les contrats d'autres facteurs de production comme l'énergie, la main d'œuvre, les charges fixes… »
La question sanitaire
Quel avenir pour la volaille ? Pour Vincent Chatellier, de l'Inra de Nantes, « la filière a de bonnes raisons de croire dans la croissance du marché. » La demande mondiale progresse et plus le pouvoir d'achat du consommateur est limité, plus la volaille sera demandée. « Les innovations et la segmentation des produits sont une force de la filière volaille », estime le chercheur. « Les entreprises françaises sont organisées et bien tracées. Dans les années qui viennent, la question sanitaire sera au centre des préoccupations des distributeurs et des consommateurs. »
Il faudra faire face à quelques enjeux. L'évolution des parités monétaires avec les pays tiers impacte nos importations et nos exportations. « L'harmonisation des normes entre les pays européens et vis-à-vis des pays tiers est importante, en termes de coût du travail et de l'environnement », estime Vincent Chatellier.
Enfin, la nécessaire modernisation des élevages et des abattoirs sera l'une des clés de l'avenir de la filière avicole en Bretagne. « Avec la liberté de circulation des produits au sein de l'Union européenne, il faut être dans la course », déclare l'économiste. « Sinon, on est débouté des marchés. » Dans la filière volaille de chair, les industriels ont un rôle capital, ils feront les producteurs de demain. Patrick Bégos
La volaille, première viande mondiale
Dans les pays émergents, la consommation de viande progresse parallèlement à la richesse du pays. Les Américains viennent largement en tête avec une consommation totale de 127 kg/habitant. En France, nous sommes à 90 kg (dont 24 kg de volailles). Dans les pays émergents, le Brésilien consomme en moyenne 80 kg, le Chinois 60 kg et l'Indou, moins de 5 kg.
« Avec 12 à 13 kg/habitant, la volaille se taille une part importante dans la consommation mondiale. On a produit 70 millions de t. de volailles dans le monde en 2000. On en produira plus de 100 millions de t. en 2020 », estime Vincent Chatellier. Quatre gros opérateurs concentrent 72 % de la production mondiale : les USA 25 %, la Chine 18 %, le Brésil 17 % et L'Union européenne 12 %. En Europe, le bilan commercial s'équilibre. Les USA et le Brésil concentrent 86 % du commerce mondial.
Légende photo : La production de poulets, notamment pour l'export, devient majoritaire chez les éleveurs d'UKL.