
Le piégeage par cages est au coeur de l’activité de la Fevildec. En 2010, 11 600 ragondins et 2 700 rats musqués ont été attrapés via le réseau départemental de 1 600 piégeurs bénévoles. Par ailleurs, les actions collectives menées sur une quarantaine de communes, en lien avec la Fédération des chasseurs d’Ille-et-Vilaine (FDC 35), ont permis la capture de plus de 5 000 corneilles noires. Des résultats non négligeables, mais qui restent encore insuffisants au regard de la demande du terrain. « Ces dispositifs nécessitent des efforts quotidiens et un temps de parcours considérable : 30 000 km par an pour déplacer les cages. Nous allons devoir imaginer une nouvelle organisation qui permettra pour chaque microrégion de disposer de cages en quantité suffisante », a exprimé Gilles Lavollée, président de la Févildec depuis un an. La politique d’acquisition de cages à ragondins par des communes ou syndicats de bassin ont amené à l’achat de 450 cages en 2010. « Cet effort doit être poursuivi. » Même constat pour le piégeage des corvidés. « Chaque année au printemps, avec les semis de maïs, les agriculteurs exigent de toute urgence des cages. Mais nous ne pouvons pas être partout. » Là aussi, le président en appelle à une organisation en lien avec des Gedon (Groupements de défense communaux ou plus larges) ou des GDS locaux, équipés de moyens de lutte collectifs.
La régulation à tir des corvidés
Intervenant à l’assemblée générale, Nicolas Haigron, technicien FDC 35, a présenté un autre moyen de lutter contre les corvidés, nuisibles pour les cultures, mais aussi les volailles en plein air. « La régulation à tir des corneilles noires, corbeaux freux, choucas des tours est possible, en utilisant une méthode simple et accessible à de nombreux chasseurs. Le but est de faire venir les corvidés à soi », a-t-il déclaré avant d’exposer sa méthode. Au préalable, le chasseur doit obtenir l’accord de l’agriculteur et du propriétaire (autorisation écrite), et faire une déclaration de tir en mairie : « Le mieux est de la réaliser en février pour démarrer l’opération en mars. La DDTM envoie en retour un document d’autorisation. » Le tir se fait sur le lieu où les oiseaux se nourrissent, tôt le matin, avec tenue - voire cabane - de camouflage. « Des formes de corneilles sont placées sur la parcelle, espacées de 4 à 5 mètres. Il faut être placé en bordure de champ et utiliser des cartouches de 7,5. Il est important d’être seul ou à deux tireurs maximum. Côté météo, l’idéal est un temps sans pluie », détaille le technicien. Les coûts d’équipement et de réalisation étant importants, des partenariats chasseurs-agriculteurs permettraient de faciliter le développement de cette technique. « Des achats collectifs pourraient faire baisser le prix d’équipement complet à 180 € », précise Pierre-Yves Rué, technicien Févildec. Les gens intéressés doivent s’y prendre à l’avance, car ces tirs s’arrêtent au 10 juin. Agnès Cussonneau
Photo : L’assemblée générale de la Fédération de lutte contre les ennemis des cultures se tenait le 16 juin à Mouazé. De g. à dr. : Nicolas Haigron, technicien FDC 35, Gilles Lavollée et Eric Borius, président et directeur de la Fevildec.
Surveillance du frelon asiatique
Suite au repérage d’un foyer de frelon asiatique à une vingtaine de kilomètres de Saint-Malo en 2010, la Fevildec a été nommée tête de réseau pour la gestion départementale de ce nuisible. Un système de piégeage et surveillance a été mis en place sur ce printemps, en s’appuyant sur le réseau des apiculteurs. Les 500 pièges d’ores et déjà installés vont être complétés par 500 autres chez des volontaires. En avril, une femelle fondatrice a été capturée près de Saint-Aubin du Cormier.