Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°12027 |
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Finistère (29)
Faire plus et mieux avec moins
 

Le poids des habitudes. Pas à pas, le Gaec Caradec, à Douarnenez, s’en est défait. Un peu par hasard au début,  par conviction ensuite. « En 1998, j’avais cassé ma charrue. Le semoir était dans le champ et je ne voulais pas qu’il parte avant d’avoir tout semé. J’ai pris un chisel pour travailler sommairement la partie qui n’avait pas été labourée. Et l’entrepreneur a semé le maïs. À la récolte, il n’y avait pas de différence ».


En route vers le semis direct


Erwan Caradec, en Gaec avec son frère, François, ses parents, Lucienne et Henri, raconte comment les techniques culturales simplifiées (TCS) se sont progressivement imposées sur l’exploitation. « Tout ne s’est pas toujours passé comme on souhaitait. Mais on a appris à maîtriser les TCS. Je continue de participer à des groupes de formation pour toujours améliorer », dit-il. Aujourd’hui, cette exploitation laitière de 106 vaches et la suite (151 ha) souhaite monter une marche supplémentaire en passant au semis direct intégral. Fini le travail minimum de la terre. Le fumier est épandu sur le sol, la graine directement enfouie entre les chaumes. Les vers de terre, les champignons microscopiques et autre complexe « floro-faunistique » font le reste. Constat sur le champ, le 16 juin 2011. Erwan Caradec vous guide dans une parcelle de maïs semée tôt qui vous arrive pratiquement à hauteur de genou. Nous sommes pourtant sur un plateau relativement séchant de l’exploitation. La pluie a été la bienvenue, mais n’était suppliée d’ouvrir ses vannes : le non-labour ayant préservé une partie du capital humidité du sol. Avec son couteau, l’agriculteur déracine un plant de maïs pour montrer la longueur des racines. « Elles suivent le cheminement des vers et autres interstices pour aller chercher la fraîcheur », montre-t-il. Le fait de ne pas retourner la terre limite indéniablement l’assèchement de la terre. La structure aérée du sol évite la battance de surface et le ruissellement. « Si j’avais eu les 90 mm d’eau qu’a eu Plogonnec en une demi-heure début mai, la terre n’aurait pas dévalé sur mes parcelles », assure l’agriculteur qui a également choisi cette technique pour limiter l’érosion. « Sur l’exploitation, 75 % de la surface est en pente plus ou moins prononcée ».


80 % de réduction de dose


Reste le très controversé désherbage au glyphostate. L’agriculteur de Douarnenez rassure et explique. « En couverts végétaux, nous utilisons des espèces gélives comme la phacélie, l’avoine brésilienne. Dans ces cas, il n’y a pas besoin de désherber. Les couverts servent de paillage au sol ». Pour les ray-grass précédant un maïs, le glyphosate reste néanmoins incontournable. Mais à très faible dose. « 0,8 litre/ha alors que la dose homologuée est de 4 l/ha. En règle générale, il n’y plus aucun désherbage après », explique-t-il. Sans le revendiquer, le Gaec Caradec fait ce que l’on appelle aujourd’hui l’Agriculture écologique intensive (AEI). Moins de carburant (40 % de temps de travail du sol en moins avec les TCS), moins d’érosion, moins d’intrants (le fumier permet des épandages à distance réduite des habitations et donc moins d’achat d’engrais), moins de produits phytosanitaires, etc. Mais pas moins de rendement… Telle cette parcelle de céréales prometteuse, y compris en paille, qu’invite à découvrir l’agriculteur. «Il s’agit d’un blé après maïs. Nous utilisons des variétés résistantes pour limiter le risque de maladie », précise-t-il. « L’AEI, c’est produire plus et mieux avec moins », résume André Sergent, vice-président de la Chambre d’agriculture. Une autre façon de produire qui concerne toutes les productions, animales et végétales. Une agriculture économe que la Chambre et les Cuma ont vulgarisée cette semaine au travers des portes ouvertes organisées dans 9 exploitations finistériennes « L’ambition de cette opération n’est pas de révolutionner les pratiques agricoles, mais d’amener les agriculteurs à réfléchir et à évoluer dans leurs approches en s’inspirant de ce qui marche bien », résume Alain Hindré, vice-président de la Chambre. C’est ce que l’on appelle « une démarche de progrès ». Didier Le Du


 


Photo : Erwan Caradec, ici avec André Sergent, dans une parcelle de céréales prometteuses.







Êtes-vous AEI ?


L’agriculture écologiquement intensive (AEI) concerne tous les systèmes de production. Quelques exemples :



  • Techniques culturales alternatives (TCS, semis direct)

  • Utilisation de variétés résistantes.

  • Homéopathie, allélopathie, « vaccination » des plantes.

  • Raclage de lisier frais (- 30 % d’émission d’ammoniac, amélioration des indices).

  • Économie et production d’énergie.

  • Prairies multi-espèces.

  • Echange parcellaire (système plus herbager, moins de déplacements en tracteur…).

  • Autonomie en protéines (luzerne, colza, féverole)

  • Production et commercialisation locale.

  • Gestion du bocage

  • Allongement des rotations.






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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juin 2011
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