
Certaines maladies des plantes sont actuellement sans solution autorisée à un certain stade. « Sur ces dernières campagnes, les légumiers ont bénéficié de dérogations, mais peu d'homologations viennent garantir des solutions sur le long terme », précise Julien Sérandour, responsable environnement qualité à l'AOP Cérafel. Une perspective encourageante se dessine toutefois au travers du nouveau règlement européen concernant la mise en marché des produits phytosanitaires, entré en application le 14 juin dernier. « Il va permettre l'harmonisation et l'accélération du processus d'homologation. » L'Europe sera divisée en trois zones, avec au sein de chaque zone un seul Etat qui réalise l'évaluation d'une spécialité commerciale donnée. Son travail sera ensuite validé par les autres Etats. « Une interdiction devra être motivée », précise le Cérafel.
Extension d’usage vers les cultures mineures
« La France se trouve dans la zone Sud, avec l’Italie et l’Espagne ». Pour certains types de traitements, une zone unique européenne est considérée : cultures sous serre - après récolte - locaux de stockage vides – semences. Trois objectifs sont annoncés : augmenter la disponibilité des produits, éviter les distorsions de concurrence et réduire les délais d’évaluation.
Le nouveau règlement prévoit aussi l’extension d’usage vers les cultures mineures. « La demande peut être faite par des collectifs différents des firmes, tels que les OP. » Par contre, l’évaluation des matières actives est renforcée sur la base du danger pour l’homme et l’environnement. Par ailleurs, les autorités françaises travaillent sur un nouveau catalogue des usages pour les produits phytosanitaires, qui devrait être diffusé au second semestre 2011. « En ce qui concerne les fruits et légumes, il devrait y avoir autour de 550 usages au catalogue contre plus de 800 aujourd’hui. Chaque usage mineur devrait être rattaché à une culture majeure. Par exemple, les usages sur la culture de fève pourraient être rattachés à ceux du haricot. Pour autant toutes les impasses techniques ne seront pas résolues dès l’entrée en application du nouveau
catalogue. » A. Cussonneau
Photo : Pour les fruits et légumes, plus de 800 usages aujourd’hui et 550 demain.