
« J'ai repris l'exploitation en 1997, avec deux poulaillers existants de 2 000 m2. Ces bâtiments ont été réisolés et rénovés, notamment dans le cadre du PPE, en 2009. J'exploite également 87 ha SAU et un troupeau de 25 vaches allaitantes », explique Guénaël Gicquel, de Carentoir (56). Avec son épouse Magali, il a construit un poulailler supplémentaire de 1 300 m2.
Une coque bien isolée
« Après plusieurs visites, notamment en Vendée, et discussion avec Hervé Le Gal et Vincent Hillaireau, de Sanders Bretagne, j’ai choisi un bâtiment C-Lines ». Avec un concept innovant, C-Lines propose, en effet, une structure 100 % acier galvanisé et une isolation en panneaux sandwich. La charpente s'appuie sur des poteaux extérieurs, tous les 3 m. Les panneaux isolants montés à l'intérieur créent une véritable coque, ce qui évite les ponts thermiques. L'autre originalité de ce bâtiment, c'est le plafond plat. Au-dessus des trappes Kan'air, un déflecteur guide la veine d'air. « Le plafond plat limite le volume à chauffer, la gestion de la ventilation sera plus facile », déclare Guénaël. Autre avantage, la facilité de lavage et de désinfection. « À chaque pignon, j'ai monté un portail séquentiel, type garage. C'est plus hermétique et sans prise au vent, par rapport au portail standard ».
Ventilation transversale
Ce poulailler est à ventilation dynamique de type Colorado avec 5 turbines et 6 ventilateurs, soit une capacité de 266 000 m3/h (200 m3/h/m2). Régulé par Avitouch, il est équipé d'une installation de brumisation haute pression. L'abreuvement (4 lignes de pipettes) est mixte pour poulet et dinde. « J'ai prévu 3 silos d'aliment d'une capacité globale de 28 t., pour recevoir des camions de forte capacité ». Contrairement à d'autres projets, l'éleveur n'a pas souhaité monter des panneaux photovoltaïques en toiture, compte tenu du coût et de l'exposition du poulailler. Des dalles bétonnées devant les portails ainsi qu'un bon empierrage des abords faciliteront la protection sanitaire de l'élevage. « J'utilise le fumier des poulaillers existants sur mes cultures. Par contre, celui du nouveau poulailler sera composté sur une plateforme et repris par Terrial dans le cadre d'un contrat d'exportation hors Bretagne ».
Dépasser 20 euros/m2/lot
Le coût global du poulailler s'élève à 200 euros/m2, financés sur 12 ans. « Il nous faut une marge PA minimum de 20 euros/m2 par lot de dindes pour faire face aux annuités et aux charges variables et fixes », précise Magali. Tout ce qui sera au-delà de 20 euros/m2 sera donc du revenu net. « Les résultats obtenus par l'éleveur dans les bâtiments anciens se situent dans le premier tiers du groupement Gaevol, soit 24,16 euros/m2/lot de dindes en 2010 ». Avec ce bâtiment bien isolé et équipé, Magali et Guénaël devraient atteindre facilement ce niveau de marge PA. La charge de chauffage sera nettement inférieure à celle des bâtiments existants. La construction de bâtiments neufs de ce type est importante pour renouveler le parc de poulaillers bretons dont la moyenne d'âge dépasse 20 ans. « Au niveau du Gaevol (280 éleveurs en Bretagne), nous avons 15 à 20 projets neufs sur 2 ans », souligne Hervé Le Gal. Patrick Bégos
Photo : Magali, Guénaël Gicquel et leur fils Damien (au centre) avec Hervé Le Gal et Vincent Hillaireau devant le nouveau poulailler.
Aérothermes et radiants
«La polyvalence de ce bâtiment va me permettre de produire du poulet et de la dinde. C'est pourquoi j'ai choisi de l'équiper d'une double installation de chauffage : 2 aérothermes et 22 radiants. Avec les radiants je disposerai de points de chauffe pour les jeunes dindonneaux au démarrage», déclare l'éleveur. Des emplacements sont également prévus pour monter 6 échangeurs de chaleur de type Leroy, dans quelques mois.