Avec 700 adhérents sur les quelque 4 000 éleveurs que compte la laiterie sur la région élargie à la Loire-Atlantique, l’Association des Producteurs de Lait Bretons Lactalis (APLBL) est en ordre de marche. Les nombreuses réunions informatives menées sur toute la Bretagne ces derniers mois ont rassemblé des centaines de producteurs qui ont pu échanger sur l’organisation de producteurs à mettre en place et la proposition de contrat qu’ils ont reçue. Toutefois, l’adhésion n’est pas encore suffisamment massive pour pouvoir réellement peser face au géant laitier. « Un véritable échange doit s’instaurer entre l’entreprise et ses vendeurs de lait autour du contrat, de l’après quotas, de la gestion des volumes… », soulignent les membres fondateurs qui souhaitent mobiliser au moins 50 % des producteurs dans l’association.
Première assemblée générale en septembre
Producteur à Treffendel (35), Patrick Mérel a décidé d’adhérer à l’association pour ne pas s’engager seul dans un contrat avec sa laiterie. Question de rapport de force. « Les producteurs de lait doivent se rassembler pour devenir des partenaires actifs de l’entreprise », note l’éleveur, soulignant que ce regroupement doit dépasser les clivages syndicaux. « La laiterie n’acceptera d’ailleurs pas d’avoir plusieurs interlocuteurs. Nous sommes prêts à dialoguer avec tous les producteurs, quelle que soit leur tendance politique. » Et d’ajouter : « Courant septembre, une assemblée générale va se tenir. Les gens ayant impulsé le projet ne seront pas forcément ceux qui dirigeront l’OP (Organisation de producteurs). Un bureau et un conseil vont être mis en place. » La prochaine étape sera la négociation concernant les contrats. « Pour que la relation soit équitable entre les producteurs et la laiterie, nous devons avoir un contrat accepté par tous. » Lors des réunions, ont notamment été soulevées les questions de la gestion des volumes, la durée, la cession des contrats, le mandat de facturation, la fixation du prix... « De nombreux points sont à revoir. » Agnès Cussonneau
Ne pas signer dans l’immédiat
L’APLBL recommande de ne pas signer les contrats pour le moment - 10 % des producteurs l’auraient déjà fait, avec une interrogation sur leur situation en cas de révision du contrat -, et d’envoyer un courrier d’attente (voir site internet http://www.assoproducteurslaitbretonslactalis.sitew.com). « L’urgence est plutôt de rejoindre l’association. » Une adhésion de 20 euros est demandée aux producteurs qui ne sont pas déjà rattachés à un groupement livrant à Lactalis. S’appuyant sur les groupements de terrain, une organisation nationale a commencé à échanger avec les dirigeants de la laiterie. Contact courriel : asso-producteurs-bretons-lactalis@hotmail.fr