
Les organisations agricoles demandent au Préfet du Morbihan de prendre un arrêté d’interdiction de broyage des pailles de céréales. « Il est fait appel à la solidarité entre paysans, pour valoriser toutes les pailles de céréales. Il faut également penser à des fanes et pailles, pas toujours valorisées en année normale » rappellent Yves Le Gourrierec, et Laurent Kerlir, respectivement présidents de la Chambre d’agriculture et de la FDSEA.
Colza et pois
Plus de 7 000 ha de colza sont cultivés dans le Morbihan. Les pailles de colza, (2 – 3t/ha), peuvent être valorisées en alimentation animale ou en litière. 6 000 ha de pois légumes sont cultivés dans le département. Les fanes ont une bonne valeur alimentaire. Elles sont à réserver aux génisses pour éviter des risques de butyriques liées à la présence éventuelle de mottes de terre à la récolte. Il est conseillé de les récolter directement en enrubannage ou en fanes séchées.
Il est conseillé aux exploitants d’anticiper sur leurs approvisionnements (achat ou ressources internes) de semences de dérobées qui vont être très demandés cette année de sécheresse généralisée, afin de semer des fourrages valorisables au retour des pluies, après les récoltes de céréales.
« Des collectivités ont mis à disposition des parcelles pour être fauchées. Un recensement est fait par le Conseil Général des délaissés routiers, espaces naturels qui peuvent être fauchés par des agriculteurs. » Les organisations agricoles demandent à tous les particuliers qui peuvent avoir des parcelles bonnes à faucher et non utilisées de les mettre à disposition des agriculteurs localement.
60 €/t paille bottelée
« Nous recensons actuellement les besoins en paille des exploitations du Morbihan, afin d’organiser une opération paille », indique Laurent Kerlir. Les premières estimations de besoin sont de 30 000 t pour le Morbihan. « Il est demandé un engagement ferme aux exploitants. Ainsi, un chèque de caution sera exigé pour sécuriser la transaction. » Sur les pailles à valoriser sur le département, les organisations agricoles demandent aux exploitants la solidarité et de ne pas spéculer : prix de 30 €/t en andain, 60 €/t paille bottelée pris sur place. Pour la paille provenant des plaines céréalières l’objectif annoncé est de ne pas dépasser 100 à 110 €/t livrée.
La MSA a annoncé, à l’échelle nationale, un engagement de 30 millions d’euros de prise en charge de cotisations pour les situations les plus difficiles et 80 millions d’euros de report de cotisation. Les banques, Crédit agricole et Crédit mutuel, ont annoncé l’ouverture de prêts de trésorerie à des taux de 2 %, ou 1,5 % pour les JA.
Les organisations agricoles ont prévu de se réunir régulièrement pour accompagner au mieux les agriculteurs.
Contact : antennes locales de la Chambre d’agriculture.
Photo : À l’initiative de la Chambre d’agriculture et de la FDSEA, des démarches sont engagées pour valoriser au mieux les fourrages disponibles sur le département. Les organisations demandent de ne pas spéculer sur la paille.