
Même si les précipitations récentes redonnent le sourire aux éleveurs, la peur de manquer de fourrages est sur toutes les lèvres. Lors de l’assemblée générale de Bovins Croissance 35, le 9 juin, elle a mobilisé une bonne part des débats. Elle s’est poursuivie sur le terrain, au cours de la visite de l’exploitation de Samuel Gardan (Saint Aubin des Landes).
S’appuyant sur 40 ha de SAU (7 ha de maïs et 33 ha d’herbe), l’élevage compte deux ateliers : 50 vaches Limousines et 134 places de veaux de boucherie. Les mâles sont vendus en broutards à 10 mois à deux éleveurs voisins. Un groupage des vêlages est pratiqué : « 44 mères ont vêlé entre mi-avril et mi-juin », expose l’éleveur.
L’orge stoppé
En réponse à l’année passée déjà difficile sur le plan hygrométrique, l’éleveur a adapté sa conduite sur cette saison. « La production d’orge (5 ha en 2010), dont la moitié avait été vendue et l’autre moitié autoconsommée, a été stoppée. J’ai augmenté mes surfaces d’ensilage d’herbe : 15 ha contre 12 ha l’an passé », explique Samuel Gardan qui espère obtenir de bons rendements de maïs en 2011. Autre option prise par l’éleveur : rationner et économiser le pâturage. « La taille de mes paddocks a été diminuée, et j’utilise le fil avant en plus cette année. »
« L’an passé, les rendements maïs étaient deux fois inférieurs à une année normale (13 t/ha en général). La baisse était la même en ensilage d’herbe. » En juillet, un tri des lots a été fait : les vaches avec des veaux mâles d’un côté, celles avec des veaux femelles de l’autre. « En août, j’ai nourri mes animaux avec de la paille, de la mélasse et de l’ensilage d’herbe. Les stocks de ce dernier fourrage étaient terminés début octobre », situe le producteur. « Cet hiver, la ration était basée sur de la paille à volonté et de l’ensilage de maïs. »
Pour faire face au manque d’aliments sur la dernière campagne, le producteur avait acheté 6 t de luzerne, 10 t de mash et 95 t de paille (20 t de plus que d’habitude). Il a également déstocké en cheptel, en vendant les
15 plus gros broutards mi-décembre.
Analyse des GMQ
Pour mieux maîtriser ses croissances, le producteur fait peser les broutards en décembre (7 mois environ) et avant leur départ à 10 mois. « Cela me permet de connaître le GMQ sur cette période. Et je profite de la présence du camion de Bovins croissance pour vacciner contre les problèmes pulmonaires, et éventuellement rebaguer. » Il bénéficie également de l’appui technique de son conseiller.
À moyen terme, le producteur entend accroître son potentiel génétique (développement) en pratiquant des IA. « Actuellement, toutes les inséminations se font en saillie naturelle avec deux taureaux, un en propriété, l’autre en co-propriété. » Samuel Gardan souhaite aussi développer la vente directe qui concerne aujourd’hui 4-5 vaches/an. « Je vais travailler un peu plus l’engraissement de ces animaux. »
Agnès Cussonneau
Une heure de pesée offerte
Fin 2010, Bovins croissance 35 (BC 35) comptait 277 adhérents, dont 74 en vaches allaitantes, 14 en jeunes bovins et 108 en génisses laitières. La pesée associée au conseil représente la majorité de l’activité (71 %) – 12 % pour l’appui technique seul et 17 % pour la pesée seule. En 2010, l’organisme s’est rapproché de Bovins croissance Mayenne qui compte 5 conseillers. « 24 élevages de ce département ont été suivis par un conseiller 35 », note Laurent Mériaux, directeur de BCEL 35 et BC 35, qui va désormais assurer également la direction de BC Mayenne. En 2011, BC 35 mène une action de promotion de ses services, avec une heure de pesée gratuite proposée aux éleveurs. « Cela permet de démystifier la pesée », précise René Collin, président de la structure.