« En 2020, bon nombre de responsables de Cuma seront en retraite ou dans d’autres responsabilités. Ce qui ne doit pas nous empêcher de réfléchir à l’avenir que nous envisageons pour ces outils que d’autres ont fait évoluer avant nous. À chaque Cuma de réfléchir sur l’amélioration, la pérennisation et le développement de ses services », déclare Joseph Chabin, président de la FDCuma d’Ille-et-Vilaine.
C’est ce thème que la fédération a décidé de creuser cette année lors de son assemblée générale, le 7 juin, à Rennes. Le quizz proposé par la FNCuma - permettant aux groupes de mieux cerner leur profil et les attentes des adhérents - et un travail d’enquête réalisé par le lycée de la Lande du Breil ont constitué le support d’un débat riche d’interventions et d’idées.
Les élèves en BTS Acse ont mis en exergue plusieurs points abordés au sein de trois Cuma ayant entamé une réflexion. « Majoritairement, les adhérents pensent que les jeunes s’engagent peu dans les responsabilités », notent les étudiants. « Mais, ils sont aussi conscients de la taille importante des exploitations aujourd’hui qui peut induire une surcharge de travail », notent plusieurs délégués.
Manque d’engagement des jeunes ?
Le Conseil d’administration a aussi soulevé le problème de l’intégration des jeunes à l’installation. En Bretagne, une charte « Cuma-JA » va porter sur l’accueil du jeune (présentation du fonctionnement, des valeurs du groupe...) et sur son accompagnement par un agriculteur référent. D’autres pistes ont été émises : étalement des parts sociales, « période d’essai »...
Certes, certains producteurs ont peur de s’engager du fait des coûts croissants des matériels, « mais ce n’est pas plus simple en individuel face à une banque. » Comme le rappelle Michel Lemonnier, « tout investissement en commun est globalement une économie. » Toutefois, les responsables souhaiteraient davantage de soutien de la part des pouvoirs publics régionaux sur leurs actions collectives.
Autre point d’interrogation par rapport à l’avenir : « Les exploitations sont différentes, les adhérents pensent qu’il est plus difficile d’avoir des projets communs, de répondre aux besoins de tous. » Réponse évoquée dans la salle : « D’un autre côté, la diversité permet d’utiliser une plus large gamme de matériels. » L’association entre Cuma est une
solution.
La gestion des Cuma est aussi largement évoquée du côté des freins. « Travailler en Cuma permet quand même de réaliser un planning en commun. Le partage de salariés entre Cuma, voire avec d’autres secteurs sont des possibilités. Et l’administratif peut être délégué à une secrétaire comptable », notent certains responsables. Reste que la gestion des salariés n’est pas facilitée sur cette campagne, suite au refus par l’administration de la dérogation collective de dépassement des 48 h/semaine. « Les données de chaque Cuma doivent être remontées pour obtenir des dérogations individuelles. » Agnès Cussonneau