Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Finistère (29)
Le savoir-faire ne prend pas l’eau
 

Résultat d’une Pac qui a privilégié les grandes cultures pendant de longues années, les zones humides sont progressivement retournées en friche avec l’agrandissement et la spécialisation des exploitations. Aujourd’hui, la société semble redécouvrir les vertus écologiques de ces terrains que les anciens dénommaient jadis pradenn, foenneg, lagenn.
Face aux récentes convoitises pour gérer ces espaces dits sensibles, la profession souhaite que son savoir-faire soit reconnu par les instances qui lorgnent sur ces parcelles reconnues pour leur rôle d’épuration de l’eau et de réservoir de biodiversité. Avec cette crainte que la réglementation fasse barrage au bon sens paysan.


La peur du gendarme


Ainsi, sous peur de répression, nombre d’agriculteurs n’osent plus déboucher un fossé qui traverse une prairie. Pourtant, si l’on se réfère à une réponse du ministère de l’Ecologie publiée au JO Sénat du 7 janvier 2010, « l'entretien des fossés, qui sont des ouvrages artificiels, n'est soumis ni à déclaration ni à autorisation au titre de la loi sur l'eau ». Et la chambre d’agriculture de préciser : « La première précaution est de vérifier que les fossés ne sont pas répertoriés comme cours d’eau. Cette vérification effectuée, il est possible d’effectuer des travaux de curage. Ce curage doit permettre de retrouver l’état initial du fossé (en termes de largeur et de profondeur) ».
Reste que sur le terrain, si l’on en croit certains agriculteurs, les services de la police de l'eau auraient tendance à verbaliser facilement en transmettant les dossiers au procureur de la République. Et un agriculteur, présent à la journée « zones humides » organisée à Scaër dans le cadre de l’opération Water, d’assurer : « La seule chose que l’on peut faire sans être inquiété, c’est de déboucher un fossé à la main sans toucher au lit de la rivière ».
Cette peur du gendarme conduit de nombreux agriculteurs à ne plus toucher aux fossés. Or, un fossé bouché est un fossé qui déborde et une zone humide qui s’agrandit et devient impraticable. Bref, une zone humide qui devient une fondrière envahie de saules, carex et autres plantes hydrophiles. Une zone sans intérêt pour l’agriculture, voire préjudiciable à la biodiversité.


Les grands textes face au bon sens


« On fait des grands textes, or il faut s’appuyer sur le savoir-faire agricole. Car les agriculteurs sont des acteurs incontournables de l’entretien des zones humides », répète Marie-Hélène Philippe, chef du service environnement de la Chambre d'agriculture. Et d’ajouter : « La zone humide est un lien social entre l’agriculture et la société. Mais pour que l’agriculteur s’investisse il faut qu’il soit socialement accepté ». Et économiquement soutenu. Pourquoi pas par le biais de la Pac au titre de la biodiversité ? Mais, pour l’heure, la réforme en cours ne semble pas en prendre le chemin.
La crainte de la profession est donc que la gestion des zones humides lui échappe. « L’agriculteur doit en garder la maîtrise et ne pas être contraint par une réglementation rigide qui irait jusqu’à imposer des dates de fauchage, de retrait des animaux, etc.», insiste Alain Le Bellac, agriculteur à Quimper. Et de prolonger : « Le danger est qu’il y ait conflit d’usage entre l’agriculteur et le public. Notamment en zone périurbaine. Or, l’espace agricole n’est pas un espace de jeu ». Cette question devient encore davantage d’actualité avec la mise en place de la Trame verte et bleue (corridor écologique) pilotée par l’État et la Région. Didier Le Du


Photo : Des matériels d’entretien sous clôture étaient présentés lors de la journée.




Ça ne rigole pas avec les rigoles
Dans le Finistère, il est admis que la pratique des rigoles est possible pour l’évacuation temporaire de l’eau (sans assèchement ou destruction de la zone humide.
Dans ce cadre, sont possibles :
• L’entretien du réseau périphérique de fossés de circulation d’eau existant, par curage, dans le respect du profil initial.
• Le rétablissement ponctuel des réseaux existants.
• La création de « rigoles » et leur entretien, à condition de rester dans une profondeur maximale de 20 cm.



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Juin 2011
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