Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°11992 |
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Finistère (29)
La Montbéliarde à la conquête de l’Ouest
 

Ils ne sont pas nombreux : 35 éleveurs laitiers élèvent de la Montbéliarde sur le département. Bien plus, si l’on comptabilise les élevages qui possèdent quelques animaux de la race disséminés dans leur troupeau.
C’est essentiellement sur le Nord et sur le Centre-Ouest du département que se concentrent les 1 600 vaches montbéliardes finistériennes. Comme à Trégourez, chez Didier Mahé où la race est présente depuis de longues années.
« Jusqu’à cette année, les vêlages étaient regroupés en septembre », a expliqué D. Mahé aux éleveurs qui ont visité son exploitation lors de l’assemblée générale du syndicat. Un groupage de vêlages pas difficile à tenir selon l’éleveur qui rappelle un des caractères de la race : la fertilité. « En année normale, la réussite en 1re IA atteint fréquemment 70 % ».


Elle en a sous le pied


Plus largement, la fertilité de la race est aussi une des raisons qui conduit des éleveurs de Holstein à utiliser des paillettes Montbéliard sur des retours. Voire en croisement trois voies avec de la Holstein et de la Rouge suédoise comme l’ont initié les éleveurs californiens confrontés à de gros problèmes de fertilité et de mortalité.
Aujourd’hui, la nouvelle grille de paiement du lait conduit l’éleveur de Trégourez à revoir son planning de reproduction. « Dorénavant, ce sera 50 % de vêlages en avril et 50 % en automne », explique-t-il, en précisant qu’il va également pousser davantage ses vaches. « La Montbéliarde peut facilement montrer à plus de 8 000 kg tout en gardant ses qualités de rusticité, de cellules », indiquent les éleveurs de la race. Et tout ceci sans altérer ses qualités bouchères. « Ici, tous les mâles sont engraissés. Ils sont vendus entre 21 et 23 mois d’âge pour un poids de carcasse de 400-420 kg », précise Didier Mahé.
Quant au caractère « têtu » de la race, il se serait peu à peu estompé au fil des générations. Même si une certaine réticence des veaux à boire au seau demeure. « Mais, avec une tétine, ça marche bien », accordent les éleveurs. Et Didier Mahé de poursuivre sur une note positive : « Avec la Montbéliarde, on voit la différence sur la note du vétérinaire ». Une qualité à mettre en lien avec la rusticité naturelle de cette race originaire des montagnes du Jura.
D. Le Du


Photo : La Montbéliarde est présente depuis de nombreuses années sur cet élevage. Tous les mâles sont engraissés à l’exclusion de quelques-uns, vendus pour la reproduction.





Une race des montagnes


La Montbéliarde, initialement appelée race franco-suisse, est issue d’un croisement de races locales avec une cousine de la Simmental suisse arrivée en Franche-Comté avec des éleveurs fuyant les persécutions religieuses.
Cette race qui appartient au rameau Pie rouge des montagnes (comme l’Abondance, la Simmental, etc.) a aussi été appelée Alsacienne. Mais, lorsque l’Alsace fut annexée à l’Allemagne après la guerre franco-prussienne de 1870, les éleveurs ne trouvaient pas digne de lui faire porter ce nom. Surtout, ce nom d’Alsacienne n’était pas vendeur sur le marché français. C’est ainsi, qu’en mémoire du prince de Montbéliard qui avait bien accueilli les ancêtres des éleveurs suisses, la race a été baptisée de son nom actuel.
L’œil éclairé remarquera deux rameaux dans les troupeaux contemporains : des vaches à robe claire et d’autres plus foncées. Ces dernières sont réputées plus productives.



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Juin 2011
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