Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Un élevage laitier «écologiquement intensif»
 

Installés en 1977 sur l’exploitation familiale de Carnoët (22), Anne-Marie et Philippe Guinamant commencent à réorienter leur système une décennie plus tard. Ils adhèrent alors au Cedapa puis se convertissent à l’agriculture biologique en 1999. C’est une voix que « nous avons choisi » assument-ils. « En utilisant de moins en moins de maïs et de plus en plus de trèfle, on a observé que nos revenus augmentaient. Ensuite, un ami s’est converti au bio, nous avons regardé comment il s’en sortait. Au Gab, on appelle cela un parrainage, ça permet d’éviter de faire des erreurs qui ont déjà été faites, même si on en fait toujours. »


Le parrainage et des formations pour sauter le pas


À cette époque, peu d’exploitants s’étaient lancés. Pour se familiariser avec leur nouveau mode de production, « nous avons fait beaucoup de formations » assurent les éleveurs laitiers. Pourtant les débuts n’ont pas été simples. De 7 500 L avant la conversion, la production des Prim’holstein est descendu bien en dessous de 5 000 L, et en 2003, « la sécheresse a été catastrophique pour nous. »


Des solutions performantes


Pour retrouver des performances plus satisfaisantes, les éleveurs ont engagé un travail pour « mettre en œuvre des solutions afin que les rations soient équilibrées sans qu’elles coûtent trop. » Pour passer l’hiver, le maïs est resté un ingrédient stratégique sur l’exploitation. « Au départ, nous comptions sur le pois. Il y a deux solutions pour les protéines, soit les produire avec des cultures ou de l’herbe, soit les acheter. » C’est cette seconde option que les éleveurs ont finalement retenue, et pour équilibrer le maïs distribué pendant les 4 mois d’hivernage, ils achètent 8 à 9 t de soja, « à 780 €/t, on ne le gaspille pas. » Avoir une ration équilibrée en hiver permet de maintenir la production sur cette période et de conserver les vaches en état pour début mars et le démarrage de la saison de pâturage qui part ainsi sur de bonnes bases. D’avril à novembre, les vaches restent une demi-journée au bâtiment où leur est distribué de l’herbe récoltée en vert sur des prairies inaccessibles au pâturage. Avec cette politique fourragère, l’atelier a retrouvé un niveau d’étable supérieur à celui des années précédant la conversion, 7 600 L, à 32 de TP et 41 de TB, avec un coût alimentaire inférieur à 50 € / 1 000 L. Mis à part sur la protéine hivernale, l’autonomie alimentaire est recherchée, et depuis 2003, l’exploitation a bien évolué et peut faire face aux années de disette fourragère. « Nous cultivons 17 ha de mélanges triticale pois et triticale avoine pois, essentiellement destinés à la vente de grains. Au besoin, nous pouvons en ensiler une partie pour passer les étés où l’herbe ne pousse pas. » Pour le maïs, sur les 11 ha implantés, 4 sont prévus pour le grain, mais ils peuvent être utilisés pour compenser des faibles rendements à l’ensilage.


Une race adaptée


Le 23 juin, Anne-Marie et Philippe Guinamant ouvriront les portes de leur exploitation dans le cadre des journées Innov’action 2011. Une occasion aussi de promouvoir l’agriculture biologique et de démontrer qu’elle est aussi productive grâce aux nombreux enseignements qu’ils tirent de leur parcours. Les visiteurs pourront par exemple s’étonner de voir une vache rouge « perdue » dans le troupeau Prim’holstein. « Au départ, nous pensions introduire de la Monbéliarde dans le cheptel, de peur que la Prim’holstein ne soit pas bien adaptée au bio. » Visiblement, leurs inquiétudes se sont envolées. Ronan Lombard


Photo : Philippe et Anne-Marie Guinamant élèvent une soixantaine de Prim'holstein qui produisent en moyenne 7 600 L avec un TP de 32 et un TB de 41.

 




 


Les dates Innov’action sur le thème de «l’agriculture écologiquement intensive» dans les Côtes d’Armor


  Mardi 21 juin :
• Geac de la ville Grasland, à Coëtlogon, « une agriculture de précision »,
• Gaec Monplaisir, à Matignon, « un système intensif valorisant le potentiel animal et agronomique »,
• EARL de la Ville Hervé, à Tréfumel, « un exemple d’approche transversale »,
• Yveline et Didier Lorinquer, à Loguivy-Plougras, « la sélection au service de la performance »,

 Mercredi 22 juin :
• EARL Heurtel, à Lantic, « une approche globale »,
• EARL Hars Land, à Lanmodez, une exploitation en légumes bio,

 Jeudi 23 juin :
• Gaec de Penker Glas, à Bourbriac, « l’innovation technique au service de la performance »,
• Annie et Jean Noël Sidaner, à Plouaret, « une importante économie de gaz par les échangeurs de chaleur »,
• SCEA Le Gall – Morvan, à Loguivy Plougras, « la valorisation du bois bocage pour chauffer l’élevage »,

 Vendredi 24 juin :
• Cidrerie Kerloïck, à Plestan, « la diversification, un vrai métier »,
• EARL du Grand Bignon, à Meslin, « une nouvelle solution pour réduire la pression azote et phosphore »,
• GAEC du Clos de la Pierre, à Plélo, « production d’énergie renouvelable et résorption »,
• Visite de l’Inra de Méjusseaume à Le Rheu (35).



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Juin 2011
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