
Les revenus des producteurs laitiers ont remonté au cours du 1er trimestre 2011. Ils ont bénéficié d’un équilibre offre/demande favorable au niveau mondial et de la flambée des prix des céréales. De plus, l’effet volume, lié aux allocations provisoires, entraîne une dilution des charges de structure. Les coûts sont en baisse. Le point d’équilibre global est couvert. Mais jusqu’à quand ? Cette embellie des résultats risque fort d’être contrariée par la sécheresse.
La marge brute en hausse
Le redressement de la conjoncture est bien visible au cours du 1er trimestre 2011. Le prix du lait payé au producteur progresse de 50 € par rapport au point bas des clôtures du 1e trimestre précédent. Il monte à près de 325 €/1 000 L. La hausse des prix des concentrés, liée à la flambée des matières premières, est enclenchée, avec un impact de 4 €/1 000 L. Les cours des vaches de réforme remontent légèrement à 758 €, mais les prix des veaux restent bas. La très bonne campagne céréalière se traduit par une forte remontée des marges en céréales de 462 €/ha pour atteindre 864 €/ha, ce qui représente un gain de 24 €/1 000 L. Au final, la marge brute globale de l’exploitation remonte de plus de 34 000 €.
Des coûts unitaires en baisse
Les charges de structure totales restent maîtrisées (en hausse de 3 000 €.) Les charges de structure unitaires affichent une baisse de plus de 17 €/1 000 L liée à l’effet volume. À groupe constant, le volume livré suite aux allocations provisoires s’affiche en hausse de 12 % (plus de 40 000 L.) Le lait produit par vache passe de 7 000 (1er trimestre 2010) à 7 450 L (1er trimestre 2011). Les coûts unitaires accusent une baisse. Le coût de production chute de 8 €/1 000 L. La productivité du travail passe de 197 000 L à 220 000 L par actif familial.
Grâce à l’effet céréales, le point d’équilibre global de l’exploitation passe en dessous de 300 €/1 000 L. Celui de l’atelier bovin uniquement serait d’environ 320 €/1 000 L. La rentabilité s’améliore, avec un EBE supérieur à 200 € /1 000 L qui permet de dégager une marge de sécurité.
Ces résultats montrent que l’effet volume est un point clé en production laitière. La dilution des charges de structure a permis de baisser les coûts unitaires. Les investissements importants, réalisés depuis 2008 dans les exploitations, nécessitent d’optimiser le système. En augmentant les volumes livrés, les producteurs démontrent qu’ils sont capables de s’adapter rapidement à des opportunités de marché, ceci à quelques années de la fin des quotas.
La sécheresse rebat les cartes
Cette tendance favorable pourrait toutefois être remise en cause dans les prochains mois, compte tenu des conditions climatiques. Le premier risque concerne la baisse probable des livraisons de lait. Sur les mois d’avril et mai, les quantités livrées ont déjà ralenti. La production pourrait marquer le pas. En second lieu, il faut s’attendre à une hausse du coût des fourrages dans les mois à venir. Les systèmes herbagers pourraient être particulièrement touchés. Dernière conséquence de la sécheresse, l’afflux de bovins allaitants dans les abattoirs risque de peser sur les cours de la viande et de pénaliser le produit viande des exploitations laitières. Geneviève Audebet / CER France Côtes d’Armor