Les éleveurs de porcins ne doivent négliger aucun outil de régulation pour faire face à la volatilité des prix, a indiqué Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP), en conclusion de l’assemblée générale de la FNP, le 8 juin, où deux nouveaux outils ont été présentés.
Livraison différée
Le premier de ces outils est la mise en place, par Syproporcs, depuis avril, de livraisons différées par les producteurs aux abatteurs. Les producteurs s’engagent sur un prix, pour livraison sur les prochains mois. Ainsi ils connaissent leur prix de vente. Elle ne doit pas éclipser le Marché du porc breton (MPB), a insisté Jean-Michel Serres, et dans l’esprit des dirigeants de la FNP, le MPB doit être soutenu, l’objectif étant que la cotation « soit plus représentative du marché ». Le second outil, proposé par le Snia (Syndicat national des industriels de l’alimentation animale), consiste pour les fabricants d’aliments du bétail à vendre les granulés à l’avance aux éleveurs, en écrêtant les pics et les creux de prix. Une façon supplémentaire de programmer les approvisionnements et leur prix.
Trouver des solutions à la volatilité en 2011
Pour la Fédération nationale porcine, « il faudra trouver des solutions à la volatilité des prix en 2011 ». La contractualisation entre le monde animal et le secteur végétal a été annoncée comme l’un des chantiers prioritaires de l’année 2011. Déjà, la demande de la production a abouti à la proposition d’un dispositif de répercussion du coût des matières premières dans les filières du porc, des volailles et des bovins. Ce dispositif consiste en un engagement volontaire des professionnels des filières (de l’élevage à la distribution) à renégocier les tarifs en cas de forte variation des prix de l’alimentation animale. Il a été entériné le 3 mai par un accord signé par la majeure partie des opérateurs des filières viandes. Pour sa part, la FNP attend « au plus vite » la publication des indicateurs par le ministère de l’agriculture. « Même si le mécanisme n’est pas contraignant, il a le mérite d’exister et il serait intéressant de voir quel crédit apportera l’aval à ce papier auquel a été apposée sa signature », commente la FNP. Par ailleurs, des propositions de contrats-types interfilières sont prévues pour courant juin. Il s’agirait d’un ensemble de mesures permettant de lisser les cours et les prix. Le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, aurait « prévu de convoquer l’ensemble des parties prenantes pour faire un point sur le dossier à la mi-juin ». Une chronologie et des échéances sur la volatilité qui montrent l’étendue du chantier.