
Récemment a été annoncée la création de Ouest Conseil Elevage, regroupant 13 entreprises de conseil du Grand-Ouest et un partenariat avec Amélis baptisé « Alliance Ouest Génomique » visant à développer le génotypage des femelles laitières dans les élevages. Un partenariat du même type est aussi mis en place avec Créavia.
Outils de pilotage technique et économique
En fait, il ne se passe plus une semaine, sans que l’on évoque des partenariats ou des alliances. Jeudi 9 juin, à Carhaix, lors de l’assemblée de Bretagne Conseil Élevage Ouest, le rapprochement entre BCEL et le cabinet d’expertise comptable Cogédis-Fidéor a été officialisé. Les deux entités créent une SAS (Société anonyme simplifiée) pour présenter dans les prochains mois, aux éleveurs, une nouvelle offre de services. « L’ambition est de jouer la complémentarité entre les deux structures pour apporter une expertise à la fois technique et économique », explique le président de BCEL, Jo Jaouen.
Philippe Remaud, directeur de cette nouvelle structure, précise que la SAS sera opérationnelle fin 2011. BECL et Cogédis Fidéor vont donc profiter des prochains mois pour peaufiner leur collaboration. Ils mettront à disposition de la SAS des compétences spécifiques qui interviendront auprès de tous les éleveurs qui solliciteront les offres de services. Elles vont se préciser à l’automne.. « Nous allons notamment travailler sur l’ensemble des indicateurs qui sont utiles aux éleveurs dans le pilotage de leurs ateliers, au premier rang desquels ceux destinés à la maîtrise des coûts de production ».
L’objectif est aussi d’apporter de nouvelles références technico-économiques. Il souligne que contrairement à ce qui peut se passer actuellement, « l’éleveur aura de fait la possibilité de disposer des éléments de l’approche technique et économique en temps réel ». Lui offrant ainsi la possibilité d’une réactivité plus grande dans la conduite de son exploitation.
Ambitions
Cette alliance demandera sans doute un peu de temps avant de se concrétiser pour les éleveurs du terrain. Mais nul doute qu’elle risque de bousculer quelques esprits et amener d’autres structures à s’interroger. Ses promoteurs le reconnaissent volontiers, ce n’est pas forcément « une alliance naturelle ». Elle marque la volonté de deux structures qui revendiquent une indépendance certaine de se positionner dans un contexte de mutation laitière, avec la fin des quotas, la contractualisation, la libéralisation des marchés.
BCEL ne fait d’ailleurs pas mystère de ses ambitions d’être présent, seule ou en partenariat, sur tous les créneaux de services aux éleveurs. Ces derniers mois ont d’ailleurs été le théâtre de quelques échauffourées avec les GDS sur le suivi sanitaire. Après la génomique, l’approche technico-économique, de nouvelles opportunités pourraient se présenter demain, notamment au travers d’analyses encore plus fines du lait. L’observation du spectre du lait devrait dans les années à venir donner des informations sur les prédictions de gestation, ou sur la santé de la vache. Des informations qui viendront aussi en concurrence ou se substituer à d’autres moyens, comme les capteurs.
Pierre Dénès
Photo : Les délégués ont approuvé les différentes partenariats noués ces derniers mois par BCEL Ouest