
Le syndicat de la propriété privée rurale tenait son assemblée générale la semaine dernière à Vannes, dans les locaux de la Chambre d’agriculture. Le syndicat est toujours aussi mobilisé pour défendre ses revendications. Le droit au congé vente pour les revenus les plus modestes « afin de payer la maison de retraite en vendant ses terres au prix du marché », justifie Emmanuel de Brunhoff, son nouveau président. La liberté de louer ou de vendre sans entraves des terres et des bâtiments. Lutter contre la diminution de l’espace agricole et favoriser l’investissement dans l’agriculture « grâce à une juste rémunération, sous la forme de loyers pour les terres, des capitaux investis dans le foncier ». Le travail de la Safer est particulièrement visé par le syndicat. « Un vendeur n’est pas du tout certain de céder ses terres à l’acheteur avec lequel il a signé chez un notaire un compromis de vente ». En effet, la Safer est destinataire dudit compromis et peut préempter. « Et le propriétaire doit s’estimer heureux quand la Safer ne préempte pas avec révision de prix à la baisse ! Tout ça pour lutter contre la spéculation foncière dans un pays dont la terre agricole est la moins chère d’Europe ! » Selon le syndicat, sur les 45 tentatives de préemption avec révision de prix à la baisse lancées par la Safer en Bretagne en 2010, 42 ont échoué, les propriétaires retirant de la vente leurs terres et obtenant dans certains cas plus ou moins satisfaction. La Safer argue du fait que le prix sur lequel se sont accordés un vendeur et un acheteur est supérieur au prix du marché dans le canton. « Peut-on alors parler encore de marché ? », s’insurge le président. Une action qui selon lui se réalise au détriment de la liberté d’entreprendre. Bernard Laurent