
« Nous avons besoin de flexibilité. Nous ne pouvons continuer à capitaliser, toujours plus de gros matériel, toujours plus de puissance de traction ». Une course infernale pour la plupart des Cumas, selon Michel Le Roc’h, président de la FDCuma du Morbihan. « Nous sommes trop tributaires des choix des constructeurs de matériels et de la sophistication qu’ils nous imposent. Avons-nous besoin de certains outils multi-options dans toutes les Cumas (pulvérisateurs, semoirs TCS…) ? ou saurons-nous nous organiser pour reprendre la main ? » Sans créer de nouvelles formes juridiques (inter Cuma), Michel Le Roc’h souhaite faciliter les échanges. Entre groupes d’un même département, les dates de travaux diffèrent entre le nord et le sud du Morbihan. « Nous avons su le faire pour la main d’œuvre salariée en gérant au mieux les emplois du temps des 80 permanents. Nos devons les généraliser pour le matériel ». Et aussi entre départements, pour les engins de récolte. Plusieurs témoignages illustreront cette nouvelle orientation. Des représentants de la Cuma de la Bruffière en Vendée et de celle de Plouzané (29) évoqueront leur partenariat. Les responsables des Cumas d’Elven et de Berric parleront de leurs échanges de matériels. Il sera également question du transfert d’une ensileuse de Vendée vers le Morbihan, prévu en septembre 2011.
L’après midi, tous les agriculteurs, adhérents ou non de Cumas, sont invités à une présentation-démonstration de matériels de Cumas locales, sur le site de la Cuma Douar Du de Guiscriff. Les Combustibles de l’Ouest présenteront le GNR (gazole non routier) dont l’utilisation s’imposera aux tracteurs agricoles et chargeurs télescopiques dès le 1er novembre. Enfin, la société Erigène exposera le principe de son nouveau module de méthanisation à la ferme (voir par ailleurs).
Bernard Laurent
Photo : Michel Le Roch (au premier plan), président de la FDCuma 56 et Dominique Gueho, directeur
La méthanisation sèche adaptée aux Cumas ?
Deux années de recherche, c’est le temps qu’il a fallu à la société Erigène et ses partenaires scientifiques pour mettre au point le premier système de méthanisation solide destiné aux exploitations de taille modeste qui pratiquent l’élevage sur paille. Le procédé permet le traitement des effluents à l’échelle individuelle (2 prototypes en fonctionnement dans des exploitations de 80 vaches et 200 chevaux en Normandie) ou micro collective. Composé de digesteurs modulaires et mobiles (aspect d’un container) et d’un centre de contrôle de commandes qui pilote et analyse les performances, le système fournit du biogaz transformé, comme dans les systèmes avec lisiers et déchets agroalimentaires, en électricité exportée via le réseau et en chaleur. Le digestat, désodorisé aux propriétés agronomiques avantageuses (le fumier de départ est assaini et assimilable plus rapidement), conserve tous les éléments minéraux du fumier initial.