
Pour la campagne 2012, l’aide de 33 €/tonne aux fourrages séchés reçue par les industriels va être supprimée. Elle sera intégrée dans les DPU des producteurs, selon une référence historique. Maintenir une prestation attractive pour les adhérents sera alors un vrai challenge pour la Coopédom (Domagné) qui a toutefois déjà anticipé cette problé-
matique.
Réduction de 60 % des émissions de CO2-
« Depuis 2007, nous travaillons sur la réduction des consommations d’énergie (foyer biomasse, miscanthus, préfanage) et sur l’optimisation de l’atelier de déshydratation. Nos émissions de CO2 d'origine fossile ont été réduites de 60 % », chiffre le président Joseph Lebrun. La coopérative entend poursuivre l’augmentation de la capacité de l’usine pour la luzerne. « Jusqu’en 2009, 1 400 ha de luzerne étaient séchés à la Coopédom. En 2011, nous allons traiter 1 800 ha, pour atteindre un objectif de 2 000 ha en 2012. »
Davantage d’autonomie
« En déshydratation de fourrages, les charges fixes sont très importantes. Cette augmentation de surfaces va nous permettre de compenser de 50 % la perte de l’aide », détaille Samuel Maignan, responsable commercial et administratif de la Coopédom. En 2010, la coopérative a densifié son territoire de travail actuel, qui s’étend sur un rayon de 30 km autour du site. « Nous allons élargir cette zone en allant jusqu’à 40-45 km selon les temps de route. Des producteurs de Melesse, Bain de Bretagne, Fougères... vont pouvoir être desservis. »
De 121 €/tonne de luzerne déshydratée (granulés ou balles), la prestation passera donc à 136 € l’an prochain – elle comprend le suivi des cultures, la fauche et la récolte. Cette hausse sera-t-elle acceptée par les producteurs ? Il reste que la luzerne permet davantage d’autonomie, face à des cours très fluctuants des matières premières (soja, colza). « En moyenne sur plusieurs années, l’EBE/ha permis par cette culture est équivalent à celui d’une rotation blé-maïs. » La luzerne bénéficie aussi d’atouts agronomiques et environnementaux. Chez des adhérents Coopédom volontaires, pour préserver la biodiversité, certaines bandes ne sont pas fauchées. « La luzerne, fleurie en été,
offre à manger aux abeilles qui ont moins de nourriture à cette période. »
Agnès Cussonneau
Photo : Joseph Lebrun, président de la Coopedom (à gauche), et Samuel Maignan, responsable commercial et administratif, sur un chantier de récolte à Domloup.