
Daniel Le Duff fait partie des 130 producteurs de tomates « Prince de Bretagne ». Une marque collective qui revendique la place de premier producteur de tomates en France et de troisième en Europe. « La production annuelle atteint les 83 000 tonnes récoltées sur 200 ha de serre ».
En 1983, l’exploitation Le Duff a pris le virage de la culture sous serre. « Précédemment, nous pratiquions la culture de légumes de plein champ et en tunnel », explique-t-il avant de décrire l’installation actuelle : 12 000 m2 de serres réservées à la culture de la tomate et 6 000 m2 consacrés à la fraise.
Neuf variétés
Aujourd’hui, Daniel Le Duff a choisi de jouer la carte de la diversité en culture de tomate. Tomate rose, Cœur de bœuf, Green zébra, Cornue, etc., sont quelques-unes de neuf variétés plantées chaque année en début janvier.
« La production démarre début avril pour se prolonger jusqu’à fin octobre », précise le maraîcher, relevant que le rendement de ces variétés atypiques est plus faible que celui des variétés communes. Avec en contrepartie, un prix plus élevé au kilo. « Pour l’heure, les prix sont en dessous de ceux de 2010. Mais la saison ne vient que commencer », espère ce producteur de Plouescat qui accueillait la presse pour les 40 ans de Prince de Bretagne (lire page 8).
Sur cette exploitation qui emploie 5 équivalents temps plein, auxquels viennent se greffer 10 saisonniers en pleine récolte, les économies d’énergie sont au cœur de la conduite de cette culture gourmande en chauffage. « L’énergie représente entre un quart et un tiers des charges. Pour réduire la consommation, nous avons installé des écrans thermiques qui freinent la déperdition de chaleur. Grâce à cet équipement, l’économie d’énergie est de 25 %, pour un coût de chauffage estimé entre 10-12 €/m2 », note le maraîcher qui en 2008 est passé du fioul lourd au charbon.
Sécurité du consommateur et respect de l’environnement
Engagé dans une démarche environnement et qualité, « alliant sécurité du consommateur et respect de l’environnement », Daniel Le Duff s’attache en permanence à réduire l’emploi de produits phytosanitaires. Entre autres, au travers de la lutte intégrée. « Outre la pollinisation par les bourdons, j’utilise des macrolophus pour combattre l’aleurode. Des mouches et chenilles sont lâchées pour détruire les populations de pucerons ».
Le temps sec et ensoleillé du printemps 2011 a permis de conserver un bon état sanitaire de la culture en cours. « Le seul traitement chimique utilisé a été réalisé contre le botrytis », fait observer le maraîcher qui veille à une bonne hygrométrie dans ses serres pour limiter le développement des maladies sur les plants de tomates menés en culture hydroponique. «Après 10 ans de culture sur substrat à base de coco, je suis revenu à la laine de roche. J’en suis davantage satisfait ».
Didier Le Du
Photo : Le maraîcher s’est orienté vers des variétés peu communes. Ici de la Green zébra.
Gariguette et Maras des bois
La production totale de fraises Prince de Bretagne représente quelque 640 tonnes réparties en Gariguette (450 t) et Maras des bois (190 t). « Cueillies à la main et à maturité, les fraises sont directement conditionnées sur l’exploitation pour un minimum de manipulations ».